[TEST] God of War (PS4)

Pour être tout à fait franc avec vous, je n’ai jamais été un grand fan de God of War. Comme la plupart des joueurs PlayStation, j’ai parcouru la grande majorité des épisodes canoniques, et j’ai apprécié les aventures du chauve cendré. Notamment grâce à l’aspect défouloir et spectaculaire des combats. Cependant, j’ai besoin de plus de profondeur, de richesse dans le récit et surtout de liberté dans l’exploration. L’annonce de ce nouvel épisode dont le gameplay serait complètement réinventé m’a donc particulièrement séduite.

The Last of God of War

La nouvelle orientation de cet opus se veut davantage portée sur le storytelling, avec un aspect RPG dans le game design. Fini la caméra lointaine, les sauts démesurés et les combos à gogo. On reste dans une prédominante beat’em all avec un soupçon d’escalade façon Uncharted, mais le tout est désormais recentré sur l’immersion et le réalisme dans une moindre mesure. On entame l’aventure dans la peau de Kratos qui vient de perdre sa femme. En compagnie de son jeune fils Atreus, sa mission va consister à déverser ses cendres en haut de la plus haute montagne du royaume. Pas de combat fratricide entre des dieux en colère, pas de violence, pas même d’urgence, juste un simple voyage initiatique en famille sur fond de deuil. Du moins, au départ… Kratos doit apprendre à mieux assumer son rôle de père, et Atreus à apprivoiser son paternel bien trop bourru pour savoir exprimer ses sentiments. Les dialogues entre les deux personnages ponctuent allègrement l’épopée, et ceux-ci s’avèrent d’ailleurs assez savoureux ; on sent que les studios de Santa Monica ont mis les petits plats dans les grands pour nous livrer une relation extrêmement crédible et touchante.

A ce titre, on distingue une ressemblance assez frappante entre ce nouveau God of War et The Last of Us sur bien des points. Pour ceux qui auraient tendance à crier au scandale devant la trahison liée à ce changement de cap, sachez que les studios ne renient absolument pas les origines divines du héros, bien au contraire. Les allusions aux épisodes précédents sont très nombreuses, et de toute façon – vous vous en doutez – son passé aura tôt fait de le rattraper ! L’univers de God of War s’avérant relativement riche, il y avait largement matière à pondre une histoire captivante. En plus de tout le passif issu de la mythologie grecque, les concepteurs sont allés fouiner du côté scandinave. En effet, Kratos a déménagé sur les terres vikings et cet ultime voyage se déroule dans la juridiction des divinités nordiques dans un décor magnifique tout à fait à propos. Très franchement, l’histoire de cet opus se montre passionnante de bout en bout, et tous les protagonistes ont bénéficié d’une personnalité parfaitement travaillée.

Promenade de santé

Là où les développeurs ont été malins, c’est dans le rythme de la progression. Dans la mesure où la quête initiale n’a aucun caractère urgent, tout est prétexte à l’exploration. Atreus l’exprime d’ailleurs très souvent : « Père, allons visiter de nouvelles terres », etc.  Et Dieu sait qu’il y en a du contenu annexe. God of War dispose d’un monde semi-ouvert (si on peut l’appeler ainsi), et il existe plusieurs zones optionnelles conséquentes parfois même encore plus intéressantes à explorer que les chemins obligatoires. Celles-ci se découvrent fortuitement ou au travers de quêtes auxiliaires allouées par les nains forgerons ou des esprits perdus çà et là. Sans oublier les très nombreux collectibles à dénicher un peu partout. Mention spéciale pour les boss secrets sous forme de Valkyries qui incarnent le challenge le plus corsé du jeu. A noter que tout n’est pas déblocable lors du premier passage sur chaque carte : Kratos bénéficie de power up tout au long de la campagne, et il est nécessaire de revenir dans les zones précédemment visitées pour déverrouiller des secrets grâce aux pouvoirs nouvellement acquis. C’est ainsi qu’on trouve le meilleur équipement pour booster ses statistiques (pièces d’armure, runes, etc.), et monter en niveau.

Cela est également valable pour les combats. Kratos engrange de l’expérience au fur et à mesure du parcours qui lui permet d’investir dans l’acquisition de nouveaux coups spéciaux. Ces mouvements inédits lui offrent l’opportunité d’allonger ses combos tout en faisant plus mal. Il convient à ce sujet de mentionner que les affrontements ne versent plus du tout dans le bourrinage et le martelage de boutons comme cela pouvait être le cas dans les épisodes antérieurs. Désormais, les joutes se révèlent moins acrobatiques et les combos bien plus courts ; le joueur doit miser sur l’efficacité avant tout. Exploiter les faiblesses des ennemis et jauger correctement les distances grâce à l’arme adéquate demeure essentiel, tout comme l’utilisation à bon escient des capacités spéciales qui consomment une jauge dédiée. Cela ne veut pas dire pour autant que l’ensemble a perdu de sa superbe, loin de là. On ressent toujours autant la violence des coups et la nervosité de l’action. Surtout quand Kratos déclenche sa furie spartiate durant un court instant où il faut en profiter pour démanteler tout ce qui bouge. Atreus, quant à lui, apporte son grain de sel grâce à des invocations, mais aussi et surtout à son arc magique en tirant des flèches qui pénalisent grandement les adversaires. Cet avantage tactique devient très rapidement indispensable pour se sortir des situations dangereuses.

Beauté fatale

Alors bien sûr, tout le monde n’adhèrera pas à cette refonte de la licence. Mais s’il y a bien un aspect qui met tout le monde d’accord, c’est l’esthétique. Le jeu est magnifique en tous points. Que l’on se penche du côté du rendu visuel (admirez ces effets de lumière, ces paysages somptueux, cette modélisation des personnages…) ou de l’animation, de la mise en scène, c’est à coup sûr une fracture de la rétine qui se produit à chaque nouvelle séquence, chaque introduction de zone, etc. De même, les doublages (en français) sont vraiment au top, et la bande-son se montre elle aussi de toute beauté.

L'avis de X-Fab :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Ce God of War est une réussite totale. Une véritable prouesse technique combinée à une épopée fantastique. Que l'on adhère ou pas à la nouvelle orientation de la série, le soft transpire la générosité et la sincérité. Il est impossible pour quiconque se dit amateur de jeu vidéo de ne pas tomber sous le charme de ce titre tant le boulot abattu par les studios de Santa Monica est colossal. On a là un must-have sur cette plateforme, et très certainement le meilleur représentant du genre sur la machine.

X-Fab

X-Fab est ainsi surnommé car il a passé de longues années au département des affaires non classées du FBI, en compagnie de Mulder et Scully… en tant que pièce à conviction. Persuadé d’avoir été enlevé par des ET, et clamant haut et fort qu’ils l’ont torturé en lui passant la musique de Tetris en boucle durant des semaines, il sait qu’il est différent des autres. Il prétend que son contact avec des entités paranormales lui a alloué des pouvoirs surhumains : ses pouces seraient cent fois plus rapides et puissants que ceux du commun des mortels. En quête de pouvoir, il réunit une équipe d’exception sur WebOtaku afin de convertir l’humanité à la cause des loisirs geek. Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, l’action-aventure, la baston, les jeux musicaux, et les cernes sous les yeux.

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