[TEST] Grand Theft Auto V

Cinq ans après avoir quitté Liberty City et Niko Bellic, Grand Theft Auto nous refait traverser le continent américain pour une nouvelle aventure à Los Santos. Aux commandes de trois nouveaux protagonistes, il est temps de replonger dans l’univers impitoyable du crime, de la décadence et de la satire de la société américaine.

La ville de toutes les opportunités

Bienvenue à Los Santos, Los Angeles vue par Rockstar North, le studio écossais qui dépeint les métropoles américaines comme aucun autre studio. Force est d’admettre que le travail de reconnaissance et de retranscription de la ville des anges dépasse toutes les attentes. Pour quiconque est déjà allé à Los Angeles et a parcouru ses kilomètres de routes, la ressemblance est frappante. On retrouve dans Los Santos tous les quartiers typiques de la ville américaine (le centre-ville impersonnel, les plages de Santa Monica, les villas de luxe sur les hauteurs ou encore Hollywood Boulevard) et ses transitions parfois incongrues et parsemées d’autoroutes. Car s’il est bien une ville parfaite pour vivre un GTA, c’est bien Los Angeles, ville où l’automobile est reine. Moins de par son côté sacré comme à Détroit, mais bien pour son statut social et comme expression de liberté.

Qui dit GTA dit casting de personnages loufoques et torturés. Si Franklin rappelle pour beaucoup un précédent héros et affiche sa volonté de gagner rapidement de l’argent comme façon de monter dans l’échelle sociale, les deux autres héros (ou anti-héros pour le coup) démontrent beaucoup plus d’épaisseur dans leur écriture. Michaël d’abord, le quadragénaire qui est parvenu à quitter la criminalité en s’achetant une nouvelle vie mais qui s’avère incapable de s’habituer à sa retraite dorée anticipée, lui qui se sent comme un étranger dans sa propre famille. Et il faut dire que sa femme et ses enfants le lui rendent bien. Trevor enfin, le fou furieux de la bande, dont les accès de colère soudains le rendent imprévisible et terriblement violent. Chacun de ces protagonistes se développe au fur et à mesure que l’histoire se déroule et l’on prend vite plaisir à passer de l’un à l’autre, tantôt dans des situations personnelles, tantôt tous ensemble. Et chaque mission, chaque activité est l’occasion de rencontrer d’autres personnages certes clichés mais aussi très bien construits, à l’image du psy de Michaël, clairement plus intéressé par l’argent que par le sort de ses patients.

Le jeu le plus complet jamais créé

Hormis incarner trois héros à la fois, la grande nouveauté de cet épisode repose sur les braquages. Sans parler des fourgons blindés qu’il est possible d’attaquer un peu partout en ville, les braquages sont de vraies missions complètes nécessitant toute une préparation comme repérer les lieux, récupérer du matériel particulier ou positionner un véhicule pour la fuite. C’est aussi l’occasion de choisir son type d’approche, bourrin qui tire sur tout ce qui bouge ou plus discret, ainsi que de sélectionner les membres de la bande pour maximiser ses chances. Une nouveauté rafraîchissante et qui offre de facto une bonne raison de les refaire pour tenter d’autres approches.

En plus des missions principales, de véritables petits bijoux d’écriture et autant de moments mémorables, GTA V déborde d’activités en tous genres, à commencer par des personnages complètement cinglés qui, une fois rencontrés, donneront quelques missions tout aussi déjantées. Sans parler de tout ce qui fait l’essence d’un GTA, à savoir les courses de voitures et toute une série de mini-jeux plus ou moins intéressants (tennis, golf, saut en parachute…). Sans oublier que piloter des avions et des hélicoptères est beaucoup plus présent dans cet opus, notamment pour Trevor, le pilote du groupe. Car chaque protagoniste possède sa propre expertise : la conduite pour Franklin, le tir pour Michaël et l’endurance aux dégâts pour Trevor.

Lister tout ce que GTA V a à offrir reviendrait à rédiger un dictionnaire, mais tout ne se vaut pas, comme jouer en bourse, surfer sur internet ou s’occuper de Chop, le chien de Franklin qui dispose de sa propre companion app sur iOS. Une blague inutile qui se désinstalle plus vite que ce que prennent ses 800 Mo à télécharger. S’il est d’ailleurs un reproche que l’on peut faire à Rockstar North, c’est de bourrer son jeu de tellement de choses sans pouvoir se permettre de tout perfectionner. GTA a toujours été un gage de quantité de gameplay différents, parfois au détriment de la maniabilité. Typiquement, le shooting et le combat restent vraiment en deçà d’autres jeux concurrents, tels que Sleeping Dogs. D’ailleurs, avoir repris intégralement le gameplay de shooting de Max Payne 3 n’est vraiment pas la meilleure idée que les développeurs ont eu tellement il s’avère approximatif et frustrant, à l’image du pauvre pixel blanc qui fait office de viseur et qui se fond constamment dans le décor. A tel point que solliciter la visée automatique devient vite un réflexe.

Tout est dans le détail

Mais c’est aussi ce souci du détail qui fait toute l’âme d’un GTA. Toutes ces années d’attente sont passées non seulement dans une quantité phénoménale de contenus, mais aussi dans la création d’un monde ouvert gigantesque et sans cesse renouvelé. C’est bien simple, dans un quartier, pas une maison ne se ressemble. Chaque quartier est traité différemment et clairement travaillé à la main par une tonne d’artistes qui se font plaisir en ajoutant une foule de détails dans les environnements. Pour vous donner un exemple bête de l’importance du détail, le GPS s’arrête automatiquement lorsque l’on passe dans un tunnel et reprend à la sortie. C’est rien, mais ça veut tout dire.

Graphiquement, GTA V est vraiment beau, malgré tout ce que le moteur doit afficher constamment. Le framerate n’en pâtit pas trop, au coût d’un mini loading lorsque l’on rentre dans les menus, ce qui s’avère assez frustrant étant donné la fréquence à laquelle on doit y faire appel. Mais la grande réussite du jeu, d’un point de vue esthétique, reste l’équilibrage des éclairages absolument magnifiques, qui donnent au jeu son cachet si unique, si coloré.

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A l’aube de l’avènement d’une nouvelle génération de consoles, Rockstar North nous offre une pépite qui salue triomphalement toute une époque sur le point de s’achever. Sans doute l’un des jeux les plus riches, les plus généreux et les plus aboutis de cette génération, GTAV restera longtemps dans les mémoires, à condition qu’il ne les quitte un jour, vu la durée de vie que le mode GTA Online s’apprête à nous offrir d’ici quelques jours.

Ryosan

Ryo est celui qui a lancé WebOtaku en l’an 2000 avec une telle puissance que cela a provoqué le fameux bug. C’est le sauveur de notre espèce, le défenseur des opprimés, l’instigateur d’un mouvement international visant à défendre les valeurs de la pop-culture otaku. Il en a vu des choses malgré son jeune âge, un peu comme un héros de J-RPG déjà blasé de la vie et considéré comme un vétéran à même pas 30 ans. Du coup, ayant atteint son level 99, on lui a lancé le pari fou d’étendre notre influence jusqu’au Québec. Et il est parti vivre ainsi son DLC canadien, tabernacle. C’est ça la master-classe. Ses spécialités : Tout. Quand on vous le dit : master-classe !

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Un commentaire

  • Un article qui met quand même bien l’eau à la bouche. Dès que j’ai fini Saints Row IV, je me mets dessus !

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