[TEST] Gravity Rush 2 (PS4)

Faisant suite à un premier épisode surprenant qui proposait une vision originale et unique de ce que peut être un Open World non conventionnel, à base d’anti-gravité et de fantasy steampunk, Gravity Rush 2 nous offre une nouvelle balade très aérienne en compagnie des Gravitéennes. Kat, toujours accompagnée par son chat intergalactique Poussière, ne sera plus seule à pouvoir jouer la fille de l’air, puisqu’elle sera accompagnée cette fois par Raven (du signe du corbeau donc). D’ailleurs, si vous avez quelques minutes à tuer avant de lancer le jeu, on ne saurait trop vous conseiller de regarder le court animé dépeignant les événements qui se sont déroulés entre les deux jeux (voir ci-dessous, pensez à activer les sous-titres). Dommage que ce dernier ne soit pas directement inclus dans le jeu, ça aurait quand même été plus pratique.


« SOURIEZ ! LE PETIT CHAT VA SORTIR … SES GRIFFES. »

On retrouve Kat et Syd (l’ex-détective du premier épisode), qui échouent sur une île pas totalement isolée ni déserte, des mineurs y faisant escale pour quelques jours. Poussière étant introuvable, Kat se retrouve sans pouvoir et donc collée au sol. Difficile de faire comprendre à ses sauveurs qu’elle est réellement une Gravitéenne capable de s’envoyer en l’air sur un claquement de doigts. Et comme rien n’est gratuit dans l’univers, elle doit travailler avec Syd afin de gagner sa croûte afin de pouvoir manger et dormir dans son confortable poulailler plein de fientes. Qui dit mineurs dit donc… mines (facile), qu’il faut exploiter au maximum, dans des conditions parfois extrêmes. Bien sûr, cette situation peu enviable ne durera pas très longtemps et Kat pourra enfin prouver à tous et toutes qu’elle est aussi à l’aise la tête à l’envers à flotter que les pieds sur terre à glisser. Mais où est Raven ? Et comment retourner à Hekseville ? Mystère… 

Histoire de nous offrir une double ration, Gravity Rush 2 propose deux grandes villes et quelques « donjons » (mines) annexes. Jirga Pala Lhao, la nouvelle ville flottante, construite toute en verticalité, est assez caricaturale de notre société ; avec les pauvres dans la partie basse, la classe moyenne dans la partie intermédiaire, et comme toujours les plus riches, qui sont peu nombreux et gravitent dans d’immenses villas, très haut dans le ciel. Seul Le Conseil qui dirige la ville se situe encore un cran au-dessus, histoire de bien faire comprendre qui domine le monde. Jirga Pala Lhao est très agréable à explorer et les diverses missions et activités nous donneront tout loisir d’en faire le tour. Point de nostalgie ici, on retrouve également Hekseville (et notre minuscule piaule d’égout personnalisable), toujours accrochée à son « Pilier du Monde », que l’on pourra de nouveau explorer de fond en comble. On y croisera bien entendu les têtes connues du premier épisode, dont certaines que l’on n’aurait pas forcément espérer revoir. L’ensemble offre de quoi passer une bonne quarantaine d’heures à se balader, virevolter, tataner les Névis ou voyous locaux, ou de jouer les photographes.

Dans les ajouts de cette suite, le online s’invite discrètement, non pas à travers un mode coopératif qui aurait sans doute été vraiment sympa, mais à travers quelques activités pouvant débloquer diverses récompenses. La chasse au trésor consiste à trouver des coffres en forme de grosse pomme rouge à partir d’une photo laissée par un autre joueur. Une fois trouvé et son contenu récupéré, on peut à notre tour prendre une photo afin d’aider un autre joueur à trouver ce coffre, ce qui nous rapportera quelques points. La possibilité de faire des photos ou selfies n’est pas sans intérêt non plus. Choisissez un beau point de vue, prenez la pose en choisissant une animation de circonstance, changez de tenue si nécessaire, et hop. Ne reste plus qu’à envoyer sur le réseau la photo, en espérant qu’un joueur passant dans le coin s’arrête pour évaluer nos talents de photographe, et nous donne une appréciation positive, histoire de gratter encore quelques points.
 
« JUPITER A RENDEZ-VOUS AVEC LA LUNE… MAIS LA LUNE EST BIEN LA ALORS JUPITER ATTEND » (Trenet Remix 1939)

Toujours au rang des nouveautés, Kat peut à présent opter pour deux styles supplémentaires, en plus de ses capacités d’origine. Le mode Lunaire lui permet d’être plus légère et de se déplacer avec de grands bonds (comme sur la Lune ? Naaaaaan), de faire un super bond chargé ou une grande plongée en avant. Kat ne s’écrase plus au sol après une chute, mais sa glissade est fortement ralentie. En combat le style Lunaire est plus orienté sur les enchaînements et l’immobilisation. Le style Jupiter quant à lui, alourdit considérablement Kat. En résulte des déplacements pachydermiques et des sauts ridicules, mais une puissance d’attaque décuplée, ainsi qu’une glissade plus rapide. L’attaque chargée du style Jupiter est d’ailleurs très efficace, faisant le ménage dans une large zone, à condition d’avoir bien visé. On peut bien entendu améliorer le tout, en récoltant et dépensant des cristaux éparpillés un peu partout… Vraiment partout.

Et puisque l’on n’est jamais assez préparé pour faire face au danger, Gravity Rush 2 rajoute une couche d’optimisation de nos compétences via les talismans. Pouvant être obtenus de diverses manières, ces artefacts sont associés aux trois styles de Kat avec, selon la qualité et la rareté du talisman, de 1 à 3 effets bénéfiques. Réduction de la consommation d’énergie, attaques Jupiter plus puissantes, ou sauts Lunaire plus longs ne sont que quelques exemples piochés dans une liste de bonus assez riche. Et si jamais on ne trouve pas notre bonheur dans ce que l’on a en stock, on peut également les fusionner, les transformer ou les recycler en allant chez le « forgeron local ». Il n’est absolument pas indispensable d’utiliser les talismans et de chercher à optimiser au maximum quoique ce soit, le jeu n’étant pas franchement difficile, en dehors de certains boss où la caméra se révélera être notre pire ennemi.

Histoire de mettre tout cela à profit, le scénario principal se démène pour justifier que l’on utilise tel style gravitationnel ou telle compétence avec des passages photo imposés, de l’infiltration dont on aurait préféré qu’ils l’oublient, ou des objectifs nous forçant à ne pas utiliser nos pouvoirs. En soit, les aventures de Kat sont plutôt agréables à suivre, nous donnant le fin mot de l’histoire sur ses origines mystérieuses de fille amnésique tombée du ciel dans le premier épisode. Mais malgré toutes nos capacités d’esquive, on n’évitera pas l’éternel méchant que l’on ne voit pas forcément venir, selon que l’on soit plus ou moins habitué à cette manie de transformer les gens sympas en grosses raclures mentalement instables, dont l’objectif est d’éradiquer le monde pour une raison plus ou moins bonne (99% du temps elle est foireuse cette raison). Fort heureusement, la narration sous forme de BD animée est toujours très réussie, et tout aussi efficace que de longues cinématiques très coûteuses qui plombent le budget des AAA. A ceci près que les vignettes ne tiennent jamais compte de la tenue que l’on porte… Hum… 1 partout balle au centre on va dire.

QUAND LA POMME DE NEWTON SE TRANSFORME EN COMPOTE.

Si le premier épisode est né sur la PS Vita et a connu un portage honnête sur PS4, cette suite profite de la puissance bien supérieure de la console de salon sans être pour autant exempt d’étranges bugs visuels un peu partout. Entre les passants qui disparaissent d’un coup après être tombés au sol comme des poteaux, ceux dont les animations font qu’ils s’enfoncent à moitié dans les murs, la distance d’affichage qui est loin d’être extraordinaire, faisant que les très nombreux cristaux (pire que des coffres dans Assassin’s Creed) à récolter un peu partout ne s’affichent en général qu’à quelques mètres, on reste dubitatif quant à l’exploitation de la pleine puissance de la PS4. Pire encore sur la PS4 Pro (support de ce test), avec d’incompréhensibles chutes de framerate menant au plantage total du jeu, certes en de très rares occasions, mais tout de même. On s’attendait à bien mieux pour une exclusivité PS4 qui ne semble pas aussi gourmande que ses concurrents plus classiques.

La caméra demande également un bon temps d’adaptation pour composer au mieux avec ses errances qui rendent parfois le jeu totalement injouable tellement elle part dans tous les sens. Le fait est que Kat pouvant voler où bon lui semble, et se coller sur n’importe quelle surface, l’architecture parfois assez détaillée des lieux n’est pas toujours compatible avec la caméra libre qui se recale en permenance. Pour pallier cela, les développeurs ont ajouté une vue FPS qui nous prive forcément de la plastique de notre Gravitéenne, mais qui ne résout en rien le problème, la faute à une accroche assez capricieuse qui ne nous colle pas toujours sur le mur que l’on visait. L’absence de verrouillage d’une cible se fait également trop souvent sentir pendant les combats, avec des attaques qui manquent de peu le coche, nous obligeant à accomplir des manœuvres inutilement compliquées pour nous remettre dans l’axe quand on n’est pas complètement empêtré dans un recoin de décor. Un conseil : désactivez la fonction gyroscope (activée par défaut), ou maîtrisez-la au plus vite si vous ne voulez pas qu’elle vous pourrisse la vie.

Alors que les missions principales font un bel effort de présentation, on ne peut pas toujours en dire autant des secondaires dont certaines sont de véritables purges. On tentera d’effacer de notre mémoire cette horreur qu’est la mission qui nous demande de lancer un frisbee dans une zone donnée, pour amuser un chien dépressif. Si pour le commun des mortels, lancer un frisbee semble relativement simple (ben si quand même), pour une Gravitéenne par contre… Résultat : on fait graviter le frisbee autour de nous sans trop savoir où il est, on donne un angle de lancer au feeling et hop. Avec du bol, il tombera dans la zone cible. Avec moins de chance, il touchera le sol non loin de la zone et la physique médiocre du jeu s’en mêlera, faisant que parfois il s’arrête net. Trop souvent, il partira n’importe où et ratera complètement la cible, faisant baisser la jauge de « bonheur » du chien pendant que notre propre jauge d’exaspération monte en flèche devant un gameplay aussi bancal. Il en va de même avec toutes les missions d’infiltration à pieds, qui ne sont pas franchement dans l’esprit du jeu, Kat étant incapable de marcher discrètement, voire de marcher tout court. Ah ben à trottiner tout le temps, c’est sûr que côté précision et discrétion, on repassera.
 

L'avis de Dark Inquisitor :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Véritable ovni dans la catégorie des Open World, Gravity Rush 2 offre une balade unique et rafraîchissante qui nous change de ses éternels concurrents réalistes. Profitant d'une superbe direction artistique, techniquement bien réalisé même si on espérait mieux de la PS4 - et surtout de la Pro -, le jeu pourrait définitivement gagner ses lettres de noblesse si la gestion caméra était nettement améliorée ou qu'un verrouillage de cible était ajouté. Certaines missions auraient également mérité plus d'amour et de finition, que l'on n'ait pas l'impression qu'elles ne soient là que pour rallonger une durée de vie déjà confortable. Gravity Rush 2 reste une expérience hors norme dont on espère sincèrement qu'il ne sera pas le dernier chapitre d'un livre prometteur. Pas impossible compte tenu de la grande porte laissée ouverte à la fin du jeu.

Dark Inquisitor

Dark Inquisitor est le représentant sur Terre de l’Ordo Malleus et du Serial Gaming. Renvoyé dans le temps par l’Empereur de l’Humanité, il s’assure que les joueurs appliquent la Règle de la Priorisation. Cette règle qui soumet les jeux à une sélection draconienne afin de ne jouer qu’à ceux correspondant à chaque profil de joueur en fonction du temps disponible. Ses pouvoirs d’inquisiteur lui permettent toutefois de profiter de failles temporelles pour jouer plusieurs heures sans que le temps ne s’écoule et donc de finir des jeux alors même qu’on ne l'a pas vu toucher une manette pendant plusieurs jours. Ses spécialités : les RPG, les survival-horror, l’action-aventure, quelques ovnis du jeu vidéo et les motos custom.

Les derniers articles par Dark Inquisitor (tout voir)

Laisser un commentaire sur cet article :