[TEST] Mass Effect 3

L’épopée intergalactique du commandant Shepard a débuté en 2007. Cela fait plus de quatre ans déjà qu’on le suit avec engouement à travers ses missions suicides. Mais ça y est, notre héros s’embarque dans son dernier voyage avec ce troisième volet. Que vaut donc la conclusion de cette épique aventure imaginée par BioWare ? Va-t-elle nous faire vibrer ? Réponse ci-dessous.

01L’avantage d’arriver avec un test tardif d’un jeu aussi attendu, c’est d’avoir pu prendre le temps de le retourner dans tous les sens avant de coucher son avis sur le papier. De faire murir une opinion éclairée, nullement faussée par la joie des retrouvailles avec ce bon vieux Shepard. Car si Mass Effect 3 s’impose sans aucun doute comme un excellent titre, on ne peut hélas pas le considérer comme la formidable conclusion tant espérée de la série. Du moins, pas de la façon dont BioWare / Electronic Arts nous l’avait vendue, et encore moins dont nous autres RPGamers l’entendions. Explications.

Sauvez la Terre

03Tout commence pour le mieux. L’entrée en matière de ME3 s’avère explosive comme il faut, quoique moins surprenante que celle du deuxième opus. Forcément, les nombreux trailers nous avaient déjà dévoilé l’attaque en force de la planète bleue par les Moissonneurs. Shepard comprend immédiatement son rôle ; en tant qu’expert de l’ennemi numéro 1, il va devoir unifier la galaxie pour remporter la victoire et sauver le Monde. La réalisation de toute beauté couplée à une ambiance sonore soignée sublime l’univers de la série et emporte le joueur dès les premières secondes. Un gros travail a également été fourni en ce qui concerne la narration et la mise en scène qui se révèlent magistrales. Avec une telle richesse, on sait d’emblée que l’on va vivre une extraordinaire aventure. Et de ce côté-là, le soft assure le spectacle tout au long de l’histoire. On assiste à un véritable festival de sons et lumières teinté de moments de bravoure intenses, de sursauts d’héroïsme à couper le souffle, de batailles dignes des meilleurs films de Star Wars. Un grand jeu tout simplement.

Votre force, c’est d’avoir le choix. Ou pas.

02C’est d’ailleurs cette incroyable performance, cette leçon de jeu vidéo, qui nous fait d’autant plus déplorer le laisser-aller constaté sur l’aspect RPG. Au vu des possibilités offertes dans les précédents épisodes, des différents choix confiés au joueur, on s’attendait logiquement à ce que toutes nos prises de position antérieures aient un réel impact sur le déroulement des évènements. Or ce n’est pas le cas. En effet, les bouleversements les plus marquants se limitent quasiment à l’apparition des personnages principaux s’ils ont survécu, ou à leur remplacement par une figure secondaire en cas d’éventuel décès. On apprécie tout de même beaucoup que nos précédents choix ne servent pas totalement à rien, et dans l’absolu on comprend que les créateurs ne peuvent pas modifier à volonté leur récit, mais on regrette que cette feature ait été autant mise en avant par l’éditeur. Dans le même esprit, jouer conciliant ou pragmatique aurait dû influencer les issues possibles en fin de partie. En définitive, seules les ressources galactiques mobilisées pour le combat final changent la donne, et les vraies décisions n’interviennent que durant les dernières minutes…

Tout au long de votre partie, vous obtenez du personnel ou des bâtiments militaires en tant que récompenses pour vos bons résultats lors des missions annexes ou principales. Ces ressources de guerres s’accumulent pour donner un chiffre, sur lequel est appliqué votre pourcentage de mobilisation galactique (visible sur l’écran d’accueil). C’est ce résultat qui détermine vos chances de réussite pour le combat final. Vous devez atteindre 5000 pour avoir accès à toutes les conclusions. Concrètement, si vous avez effectué la plupart des quêtes annexes, vous pourrez opter pour l’une des « bonnes fins », sinon… Des quêtes annexes qui sont également décevantes dans l’ensemble, puisqu’elles consistent le plus souvent à rapporter un item à un PNJ quelconque (récupéré en fouillant le décor d’une carte ou après un scan de planète). On compte à peine quatre missions optionnelles scénarisées, auxquelles viennent se greffer six missions N7 qui se résument à un combat sur l’une des cartes multijoueur. De plus, là ou ME2 disposait de plusieurs zones à visiter librement (Illium, Omega,Tuchanka…), cet épisode se cantonne à quelques petits bouts de Citadelle… Du coup, ME3 s’apparente hélas davantage à un shooter hyper bien scénarisé qu’à un RPG.

Des sensations pures

04Et côté TPS, le soft se défend très bien. Les développeurs ont effectué un boulot de dingue pour parfaire leur gameplay. Encore plus dynamique, la jouabilité s’oriente plus que jamais vers les combos de pouvoirs, délivrant une expérience vraiment jouissive. Par exemple, le porte-étendard peut enchaîner sa Charge Biotique avec une nouvelle compétence baptisée Nova suivie d’un coup chargé au corps à corps, ce qui nettoie les arènes avec classe. L’adepte se prend pour le parfait Jedi en multipliant les explosions biotiques de toutes sortes pour envoyer valdinguer les adversaires tels de simples pantins. De même, l’ingénieur se fait plaisir en combinant Souffle Cryo et Incinération pendant que sa tourelle s’occupe de ceux qui s’approchent d’un peu trop près… Chacun trouvera sans problème le style qui lui convient le mieux. Enfin, on apprécie le retour des mods qui permettent de personnaliser la grande variété d’armes. Un gros plus qui vient compléter la customisation de chaque partie de votre armure et de vos compétences comme dans le second volet.

05BioWare a su pondre un système de combat intuitif et complet, qui s’adapte très bien au modèle online. D’où l’implémentation d’une partie multijoueur. Comparable à la « horde » de Gears of War, le mode en ligne vous propose d’affronter des vagues d’ennemis à 4 en coopération. Vous pouvez créer plusieurs avatars en choisissant leur race, leur job ainsi que leurs compétences. Vos victoires vous octroient de l’exp et des crédits à dépenser pour débloquer armes, personnages, items, etc. Jouer en ligne est aussi le seul moyen de booster votre pourcentage de mobilisation galactique (par défaut à 50%) pour le solo.

Pour conclure cette trilogie avec brio – et si l’on s’en tient aux promesses des développeurs – Mass Effect 3 se devait d’être exceptionnel. Démentiel même. Or il se montre « tout juste » très bon. Mais ne boudons pas notre plaisir car après tout, peu de studios sont autant à l’écoute des joueurs que BioWare. Félicitons leur travail, en espérant qu’ils tirent les leçons de leurs erreurs et qu’ils exploitent à nouveau leur fantastique univers lors d’une autre épopée, pourquoi pas dans un nouveau cycle galactique. C’est tout le mal qu’on leur souhaite !

X-Fab

X-Fab est ainsi surnommé car il a passé de longues années au département des affaires non classées du FBI, en compagnie de Mulder et Scully… en tant que pièce à conviction. Persuadé d’avoir été enlevé par des ET, et clamant haut et fort qu’ils l’ont torturé en lui passant la musique de Tetris en boucle durant des semaines, il sait qu’il est différent des autres. Il prétend que son contact avec des entités paranormales lui a alloué des pouvoirs surhumains : ses pouces seraient cent fois plus rapides et puissants que ceux du commun des mortels. En quête de pouvoir, il réunit une équipe d’exception sur WebOtaku afin de convertir l’humanité à la cause des loisirs geek. Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, l’action-aventure, la baston, les jeux musicaux, et les cernes sous les yeux.

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