[TEST] Max Payne 3

Il n’y a pas que Diablo 3 qui a suscité de longues années d’attente. Cela faisait 9 ans que nous nous languissions de retrouver Max Payne dans des gun fights endiablés. Pour autant, les premiers clichés de l’ex flic new yorkais nous avaient laissés perplexes. Le crâne rasé, vêtu d’un marcel ou d’une chemise hawaïenne, le relooking avait de quoi surprendre.

Ce changement de direction artistique n’est pas surprenant. Ce n’est plus le studio original, Remedy, qui est aux commandes. Rockstar, à qui l’on doit les célèbres GTA, a récupéré la licence. Qu’a donc pu faire la firme spécialisée dans les jeux « bacs à sable » à ce pauvre Max Payne pour qu’il se transforme en John McClane ? C’est ce que nous allons voir.

Nouveau look pour une nouvelle vie. Ou pas.

C’est un Max Payne fidèle à lui-même que nous retrouvons en début de jeu, et c’est plutôt rassurant. Il ne se remet pas de la perte de sa famille et noie son chagrin dans l’alcool tout en se shootant aux antidouleurs. De nombreuses années se sont pourtant écoulées. Ridé, les cheveux grisonnant, nous prenons en main un Max accusant la quarantaine. L’ex-flic a quitté les rues de New York qui ont été le témoin de sa déchéance et espère vivre une retraite dorée sous le soleil de Sao Paulo. En attendant, il joue les gardes du corps pour une famille de notables brésiliens. Bien sûr, sa poisse légendaire va frapper, puisque la femme de son patron et la sœur de cette dernière vont se faire enlever, et qu’il perdra jusqu’à la trace de l’argent de la rançon. On assiste à une véritable descente aux enfers, alors qu’on le pensait déjà au plus bas. Max fera tout pour retrouver les jeunes femmes, un peu comme s’il s’agissait d’un exécutoire, d’une façon de racheter son impuissance lorsque sa famille était victime du même drame. Quelques flashbacks de circonstance le replongent à New York, mais la plupart des événements du jeu se déroulent dans les rues de Sao Paulo. De quoi assister à une critique acerbe du Brésil, avec sa pauvreté, ses deals, ses gangs, ses politiciens véreux, etc.

Rockstar étant très doué -le spécialiste même- pour dépeindre les sombres mœurs d’une ville, l’ambiance du titre est une réussite. Les nombreuses scènes montrant Max chez lui, en tête à tête avec sa bouteille, ou bien ses commentaires cyniques (à noter qu’il bénéficie de son doubleur originel) tandis qu’il déambule dans les favelas, accentuent davantage le malaise ambiant. Les studios sont allés jusqu’à représenter les bad trips du héros durant les cutscenes via de fréquents flashs lumineux et des dédoublements d’images. Cela dit, si le parti-pris est intéressant, l’abus de ces délires visuels peut devenir agaçant lorsqu’on les combine avec les effets graphiques censés rappeler l’aspect BD des cinématiques des volets antérieurs. Il s’agit cependant d’un détail qui n’altère en rien la narration. Mise en scène au top, réalisation soignée, musiques et doublages de qualité ; tout est là pour créer une atmosphère brillante et immersive. Une atmosphère certes différente des opus précédents, mais qui assure une certaine continuité en termes de noirceur.

La mort au ralenti

Max Payne ne serait pas Max Payne sans ses célèbres bullet times. Heureusement, Rockstar n’a pas commis l’erreur de l’en priver. Le gameplay a été mis au goût du jour avec l’apparition d’un système de couverture très bienvenu au vu de la difficulté du titre vraiment très élevée. Exit en revanche les strafes de Max (en même temps ils auraient vraiment fait kitch dans un jeu next gen), et surtout les grenades et les cocktails molotov. Le héros n’a donc qu’un arsenal limité aux armes à feu (flingues, mitraillettes, shotgun, sniper…) pour se défendre contre une horde d’ennemis armés jusqu’aux dents. C’est étonnant pour un jeu d’action signé Rockstar, mais c’est ainsi. Pour prendre l’avantage, il lui reste donc ses bullet times durant lesquels il se jette de côté au ralenti pour éviter les projectiles et surtout viser un nombre impressionnant d’ennemis pris au dépourvu. Autre cartes dans sa manche, Max bénéficie d’un système de deuxième chance. Si un ennemi le tue alors qu’il lui reste un antalgique en stock, un ralenti survient pendant lequel il a quelques secondes pour tuer l’adversaire en question. Echouer est synonyme de game over, mais réussir lui fait utiliser le soin automatiquement pour revenir d’entre les morts, encore plus énervé.

Pour faire dans le grand spectacle, Rockstar a même ajouté une bullet cam qui montre au ralenti le coup ultime porté au dernier adversaire d’une zone. On peut continuer à tirer pendant cette scène, ce qui fait gicler le sang et transforme l’ennemi en vraie passoire. Des ralentis en veux-tu en voilà, des décors qui explosent dans tous les sens, on en a pour son argent en termes d’actions. Malgré tout Max accuse une certaine rigidité dans ses mouvements (eh oui, à son âge il éprouve des difficultés à se relever après s’être jeté au sol). On note aussi une latence handicapante dans l’exécution de certains mouvements comme la roulade. Surviennent également quelques problèmes de collision lorsque l’on tente de se mettre à couvert. Enfin, il m’est souvent arrivé que la caméra se coince dans le décor pendant la seconde chance ou que le personnage ne s’oriente pas dans le bon sens, ce qui rendait impossible toute riposte et me menait fatalement au Game Over.

Un Max de trucs à faire

Max Payne 3, en plus de son histoire intéressante, propose un tas de bonus qui vous donneront envie d’explorer à fond les favelas et de tester toutes les mises à mort possible. En effet, disséminés un peu partout dans les niveaux, se trouvent des morceaux d’armes dorées. Une fois une arme reconstituée, Max s’en équipe et fait a priori plus de dégâts, en plus d’avoir la classe. Des indices permettant d’en apprendre plus sur la disparition des deux brésiliennes et leurs commanditaires sont également cachés. De quoi vous faire chercher de longues heures tous les éléments que vous auriez pu manquer. Max Payne 3 offre donc une excellente rejouabilité, mais ne vous emballez pas trop vite. Rejouer les scènes plusieurs fois pour débloquer les bonus revient à voir et revoir les cutscenes, et malheureusement on ne peut pas les passer alors qu’elles durent plusieurs minutes (le jeu effectue ses chargements pendant celles-ci…). Une erreur de débutant vraiment regrettable qui rend la recherche très frustrante à la longue.

Des défis sont également à réaliser (tuer 100 personnes en étant couché, 1000 personnes en bullet time, tirer dans des grenades, etc.). En plus de débloquer des trophées/succès, réussir ces défis alloue de l’XP pour le mode multijoueur étonnamment bien fichu. Oui, du multijoueur dans Max Payne, vous avez bien lu. Rockstar est parvenu à simuler le bullet time durant les classiques matches à mort tout en proposant différents modes hyper intéressants. Dans la guerre des gangs, on enchaine 5 missions au hasard parmi les 10 disponibles. En mode Payne Maximale, le premier à tuer un adversaire incarne Max et doit survivre. Un autre mode nous place dans la peau de Max et son acolyte Passos. Il est également possible de customiser son avatar et d’en débloquer d’autres.

C’est avec une certaine appréhension que j’ai fait mes premiers pas à Sao Paulo en compagnie de tonton Payne. Au final, le come-back de ce cher Max délivre une belle claque tant sur le plan graphique que nostalgique. C’est un réel bonheur de revivre ces gunfight en bullet time ! Si je n’ai pas vraiment retrouvé la touche Remedy que j’avais tant appréciée à l’époque, le nouveau Max Payne m’a séduit, tant par la maturité de ses propos que par la crasse de son univers. Il est cependant regrettable que le gameplay – toujours très spectaculaire – ne se montre pas aussi irréprochable que l’atmosphère, la faute à quelques bugs fâcheux. Rockstar n’hésite pas à acculer le joueur, à lui mettre la pression, mais les armes pour lui permettre de se dépasser s’enrayent parfois…

X-Fab

X-Fab est ainsi surnommé car il a passé de longues années au département des affaires non classées du FBI, en compagnie de Mulder et Scully… en tant que pièce à conviction. Persuadé d’avoir été enlevé par des ET, et clamant haut et fort qu’ils l’ont torturé en lui passant la musique de Tetris en boucle durant des semaines, il sait qu’il est différent des autres. Il prétend que son contact avec des entités paranormales lui a alloué des pouvoirs surhumains : ses pouces seraient cent fois plus rapides et puissants que ceux du commun des mortels. En quête de pouvoir, il réunit une équipe d’exception sur WebOtaku afin de convertir l’humanité à la cause des loisirs geek. Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, l’action-aventure, la baston, les jeux musicaux, et les cernes sous les yeux.

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Un commentaire

  • Le test me convainc de me le prendre. Maintenant, il va falloir trouver le temps de le caler entre Dragon’s Dogma, Diablo 3, j’en passe et des meilleurs…

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