[TEST] Metal Gear Rising : Revengeance

Faire valoir par excellence uniquement destiné à faire briller davantage Solid Snake dans Metal Gear Solid, il aura fallu attendre la reprise par PlatinumGames d’un projet laissé à l’abandon par Kojima Productions pour que le personnage de Raiden soit enfin sous les feux de la rampe, loin de l’ombre de son idole. Oubliez le « tactical espionage action », les créateurs de Bayonetta nous livrent ici un Beat Them All vif et tranchant comme l’éclair.

Vengeance ? Non, Revengeance !!!

Les évènements de Metal Gear Rising se déroulent 4 ans après ceux de Metal Gear Solid 4 : Guns of the Patriots. Raiden fait désormais parti de Maverick Security Consulting (MSC), une Société Militaire Privée (SMP) créée par son pote Boris, ancien membre lui aussi de la « Paradise Lost Army », menée à l’époque par EVA. Toutefois, contrairement aux SMP croisées dans le 4ème opus de la série, MSC ne loue pas ses services afin d’alimenter un conflit. Au contraire, elle aide les pays en proie aux guerres civiles à retrouver une certaine stabilité, en fournissant par exemple une protection aux personnalités politiques qui œuvrent pour la paix.

C’est d’ailleurs pendant l’escorte d’un premier ministre africain que le train-train tranquillou de notre ninja-cyborg préféré va être chamboulé. Attaqué par Desperado Enforcement LLC., une SMP mystérieuse aux intentions beaucoup moins louables que Maverick, notre héros assiste impuissant à l’assassinat de son client. Pire, il se fait mettre une roustasse monumentale par Jetstream Sam, un mercenaire embauché par Desperado. Sauvé in extremis par ses collègues de chez Maverick, Raiden, dans un piteux état, va subir de nouvelles modifications cybernétiques le rendant beaucoup plus puissant. 3 semaines après, son équipe retrouve la trace de Desperado dans un pays d’Europe de l’est. L’occasion pour lui de mettre fin à leurs exactions, et surtout, de rendre la monnaie de sa pièce à l’énigmatique Sam…

Soyons honnêtes, malgré un pitch de départ encourageant, exploitant le background de MGS 4, le reste du scénario de ce spin-off a des allures de gros nanar. Une habitude chez PlatinumGames ? Pas faux, mais il faut également prendre compte le fait que le studio aime bien verser dans le kitsch et le décalé de manière assumée. Mais même en sachant cela, les pérégrinations de Raiden ne sont pas bien intéressantes. On emmène notre héros d’objectifs en objectifs, au travers de zones aux environnements insipides, où l’on ressent une désagréable sensation de vide. Néanmoins, l’ensemble est sauvé par les différents affrontements que l’on effectue au cours des 8 chapitres que compte l’aventure. D’autant que ceux contre les boss sont particulièrement intenses, très bien mis en scène, et servis par des thèmes musicaux pêchus qui collent bien à l’action.

« Chiens fous ? Il découpe. »

L’attrait principal de Metal Gear Rising : Revengeance reste bien évidemment sa jouabilité, car sur cet aspect la réputation de PlatinumGames n’est plus à faire. Pourtant, les premières minutes aux commandes de Raiden sont assez étranges. Avec seulement deux boutons d’attaque, une parade comme seul outil de défense, et malgré la présence du fameux Blade Mode qui permet de découper les ennemis et certains éléments du décor à sa guise, il y a de quoi se poser des questions sur la richesse du gameplay du titre. Heureusement, cette impression s’estompe rapidement. On prend un malin plaisir à trancher les ennemis afin d’appliquer le « Zan-Datsu » (littéralement « Couper-Prendre »), qui permet à notre héros de recharger sa barre de vie et d’énergie, cette dernière déterminant la durée d’utilisation du Blade Mode.

De plus, la movelist de Raiden est loin d’être aussi pauvre qu’il n’y parait. On débloque très vite de nouvelles armes et de nouvelles capacités grâce aux points de combats (PC) engrangés après chaque affrontement. Par conséquent, entre le sabre de base, les armes acquises après chaque boss, ainsi que les différents coups supplémentaires déblocables via le menu de personnalisation, il y a largement de quoi faire. Et c’est la même chose côté mécanismes de défense. En outre, le Parry comporte des subtilités intéressantes qui varient selon le timing appliqué lors de son utilisation, et l’on peut aussi se procurer rapidement, en échange de quelques PC, un mouvement d’esquive qui deviendra vite indispensable.

Enfin, un soupçon d’infiltration est également de la partie. Aucunement obligatoire (nous sommes dans un Beat Them All ne l’oublions pas), son utilisation s’avère tout de même pratique pour skipper quelques fights, éviter les renforts adverses, ou encore exécuter d’un seul coup les ennemis imprudents qui n’auront pas détectés votre présence alors que vous étiez caché dans la fameuse boîte en carton, disponible parmi l’éventail d’armes secondaires que l’on ramasse au fil de notre progression.

C’est pas la longueur (de la lame) qui compte !

Pour finir, un mot sur la durée de vie du soft, un des plus gros points noir du titre selon beaucoup de monde. Personnellement, je trouve la caméra qui part en vrille lors de certains affrontements ainsi que l’impossibilité de changer d’arme sans passer par le menu bien plus préjudiciable. Alors oui, l’aventure principale se boucle en moins de 8h en mode normal, mais depuis quand c’est un défaut imputable à un Beat Them All ? Ce qui compte, c’est la rejouabilité, et elle est ici bien présente. Comme c’est souvent le cas dans ce genre de soft, la difficulté de base n’est là que pour découvrir celui-ci de manière générale. C’est en y rejouant dans les niveaux de difficultés supérieurs, où l’on est en quelque sorte contraint d’utiliser le gameplay dans son intégralité, qu’un BTA délivre toute sa saveur. Certes, cette vision des choses ne concerne qu’une poignée de gamers avertis, mais si vous souhaitez exploiter toutes les facettes de ce MGR, et si vous aimez les challenges, le jeu vous tiendra en haleine pendant une bonne trentaine d’heures, voire davantage, selon votre degré d’adhésion au coupé-décalé façon « Jack l’éventreur ».

L'avis de Samanomatou :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Au final, même si Metal Gear Rising : Revengeance s’avère être un bon titre, il ne laissera pas un souvenir impérissable à la plupart des joueurs, notamment à cause d’un manque de finition flagrant. Cependant, les fans de Beat Them All sauront se délecter longtemps de cette œuvre imparfaite, qui bénéficie de tout le savoir faire de PlatinumGames en matière de gameplay.

Samanomatou

Samanomatou est aussi connu sous le nom de « Mat le Génie » par-delà les 7 mers, ou plus sobrement comme « Le Furax ». Certainement l’un des gamers les plus acharnés et persistants que nous ayons rencontrés, il est capable de recommencer 4 millions de fois le même passage tant qu’il n’a pas atteint le summum de la perfection. Expert du lancer de Sixaxis, il est aussi un grand amateur de Platine, ou plutôt de « Plataing » comme on dit chez lui à Marseille. Pour lui, faire 120 fois le tour du bac à farine en sautillant sur les mains pour un trophée de bronze, ce n’est pas un problème. Un type cinglé comme ça, il nous le fallait dans la team ! Ses spécialités : le RPG, la baston et les jeux d’action en tous genres.

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