[TEST] Metal Gear Solid V : Ground Zeroes (PS4)

Il n’y a vraiment qu’Hideo Kojima pour avoir des idées pareilles. Après la démo de MGS 2 offerte dans Zone of the Enders (à moins que ce ne soit l’inverse…), voilà que Konami nous fait payer 30€ pour un prologue à Metal Gear Solid V : The Phantom Pain. Bon, après tout, pourquoi se priver puisque nous sommes hyper nombreux à nous être jetés dessus ? Il ne reste plus qu’à savoir si ça valait le coup…

« Kept you waiting, huh ? »

Voilà les mots que nous susurre Snake sur l’écran d’ouverture de Ground Zeroes. « Carrément que oui » avais-je envie de lui répondre, comme s’il pouvait m’entendre ! Et je pense que nous sommes tous dans ce cas, d’où cet achat compulsif du « jeu » à presque 30€, histoire de se prendre un bon fix pour patienter jusqu’à la sortie du prochain épisode canonique de la série. On a bien bavé devant les trailers, et il est grand temps de découvrir ce que nous réserve The Phantom Pain manette en main le temps d’une mission. C’est comme ça que j’ai appréhendé cette « démo », et c’est la raison pour laquelle je n’ai pas été déçu, contrairement à la grande majorité des joueurs qui en attendaient probablement plus. Vous pensiez sérieusement que nos amis de chez Konami allaient lâcher du lourd pour 30€ ? Non, sérieusement… Non pas que j’excuse ou tolère ce type de pratiques abusives, je suis juste lucide. Bref, on ne va pas rentrer dans un débat inutile (le mal est fait), passons plutôt au contenu du soft.

FOX VS XOF

On ne va pas s’étendre sur le contexte géopolitique dans lequel on évolue ici sous peine de balancer un pavé indigeste. Il s’agit toujours de conflits entre organisations militaires secrètes comme on en a l’habitude dans MGS. Sachez simplement que l’on contrôle Big Boss en 1975, durant la guerre froide à Cuba, plusieurs années avant le premier MGS. Plus exactement après le dénouement de l’épisode Peace Walker. Notre rôle est de secourir des personnages issus de ce dernier, Paz et Chico. Ceux-ci détiennent des informations capitales sur MSF (l’organisation de Big Boss), et notamment au sujet d’un Metal Gear et d’un missile nucléaire en leur possession. C’est ainsi que l’on infiltre en solo le Camp Omega, sous contrôle du redoutable Skull Face.

Premier constat : la scène d’introduction est moins dense qu’à l’accoutumée, ce qui véhicule dès l’ouverture l’impression d’avoir affaire à une version allégée de MGS. Idem en ce qui concerne la mise en scène, certes de qualité, mais relativement sobre en comparaison des anciens opus, et les dialogues finalement peu présents. Il y a fort à parier que l’ensemble a été pensé pour ne pas abrutir le joueur sous une tonne d’infos, ce qui n’est pas plus mal. Mais il est vrai que c’est surprenant de la part d’un MGS. La mission proposée par Ground Zeroes s’étale grosso-modo sur deux heures, bien que les amateurs d’infiltration s’amuseront à tester plusieurs méthodes pour arriver au bout, rallongeant substantiellement l’expérience. Une fois l’objectif principal accompli, plusieurs quêtes subsidiaires se débloquent, ce qui pousse la durée de vie à une bonne dizaine d’heures pour ceux qui aiment relever tous les défis. Sachez que les versions PS3/4 disposent d’une mission supplémentaire à déverrouiller baptisée « Déjà-vu », regorgeant de références à la saga et autre caméos que les fans adoreront.

Claque technique ?

Autre surprise : la claque graphique n’est pas aussi assommante que ce que l’on pouvait espérer à la vue des derniers trailers dévoilés. C’est ça le problème quand on balance à la tronche des joueurs des vidéos de versions tournant sur des PC de psychodingue ; les risques de ressortir déçu avec le produit final en main sont grands… Snake reste néanmoins super bien modélisé, en particulier son visage et les vêtements, mais on ne peut pas dire que les environnements forcent drastiquement le respect. Alors oui, c’est très propre, très lisse (surtout de nuit sous la pluie grâce aux effets de lumière), mais c’est aussi assez sommaire et la distance d’affichage s’avère beaucoup moins impressionnante que ce qu’on nous avait promis. En revanche, le tout tourne avec une résolution 1080p en 60 fps sur PS4, sans broncher, et rien que ça permet de faire la différence.

Quant à l’ambiance sonore, elle demeure toujours aussi excellente grâce à l’excellent boulot d’Harry Gregson Williams à la musique et de Kiefer Sutherland (qui remplace l’emblématique David Hayter) en tant que doubleur de Snake. Ceci étant dit, deux questions se posent : est-ce que les versions next-gen ont été nivelées vers le bas pour permettre aux versions PS360 de voir le jour, et surtout, est-ce que nous avons là le rendu visuel auquel s’attendre avec The Phantom Pain ? La réponse est certainement oui, d’où une pointe de déception compréhensible de la part des fans. Le Fox Engine semble toutefois tenir la route plus que convenablement. A vérifier par la suite.

Et le gameplay ?

Maintenant que l’on a abordé à peu près tous les points qui fâchent, il est temps de parler du gameplay. Le passage à « l’open world » tant attendu a inévitablement rendu l’ensemble plus accessible. Fini les séquences d’infiltration millimétrées au poil de cul près. Désormais, il existe forcément plusieurs façons de procéder, d’autant que Snake a gagné en agilité et en mouvements. Il peut escalader des rebords, sprinter, se mettre en position de tir à tout moment… Bon, on n’est pas non plus au niveau du dernier Tomb Raider car notre soldat reste encore un brin pataud, mais on est à mille lieux de papy Snake et son Déambulateur- Ray dans MGS4. On gagne ainsi en réalisme et en dynamisme, même si quelques fans aigris vont à coup sûr crier au scandale (mais piquez-les !).

Il est également possible de conduire des véhicules, et de passer en mode bullet-time (eh oui…). En effet, lorsque l’on se fait repérer avec le légendaire point d’exclamation au-dessus de la tête d’un ennemi, le temps ralentit et on dispose de quelques secondes pour dégommer les empêcheurs de fureter en rond, et potentiellement annuler l’alarme. Si cette fonction paraît un peu abusée sur le papier, dans les faits on ne va pas cracher dessus car l’I.A. a gagné en efficacité. Malgré quelques ratés, les adversaires se montrent plus intelligents, organisés, et surtout plus tenaces. Il ne suffit plus de buter tout ce qui nous entoure ou de changer de zone pour stopper un état d’alerte ; les renforts affluent et cherchent autour de notre dernière position connue tant qu’un rapport radio n’atteste pas que la menace est dissipée. Heureusement pour les puristes, le CQC est toujours là, avec l’opportunité d’immobiliser, assommer, mettre à terre, etc. Enfin, autres nouveautés, on possède des jumelles capables de marquer les cibles à l’écran afin de combler l’absence de radar et l’inventaire tel qu’on le connaissait a disparu (Snake ne récupère ici que des armes).

L'avis de X-Fab :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Metal Gear Solid V : Ground Zeroes n’est pas à prendre comme un jeu à part entière. Ce n’est ni plus ni moins qu’une démo payante censée présenter l’évolution de la série, et plus particulièrement le prochain épisode canonique estampillé The Pantom Pain. On y découvre un gameplay assoupli et remis au goût du jour, une réalisation aboutie (mais toujours perfectible) et, ce qui ne gâche rien, un scénario qui donne envie d’en savoir plus. Donc pour nous le pari est globalement remporté, mais il est certain que le prix est un peu élevé. Maintenant, comme on dit : quand on aime on ne compte pas.

X-Fab

X-Fab est ainsi surnommé car il a passé de longues années au département des affaires non classées du FBI, en compagnie de Mulder et Scully… en tant que pièce à conviction. Persuadé d’avoir été enlevé par des ET, et clamant haut et fort qu’ils l’ont torturé en lui passant la musique de Tetris en boucle durant des semaines, il sait qu’il est différent des autres. Il prétend que son contact avec des entités paranormales lui a alloué des pouvoirs surhumains : ses pouces seraient cent fois plus rapides et puissants que ceux du commun des mortels. En quête de pouvoir, il réunit une équipe d’exception sur WebOtaku afin de convertir l’humanité à la cause des loisirs geek. Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, l’action-aventure, la baston, les jeux musicaux, et les cernes sous les yeux.

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5 commentaires

  • Bah la sortie récente au Japon va booster le catalogue. 🙂
    Mais il y a déjà de quoi faire rien qu’avec les jeux multi-supports en 60 FPS / 1080p.

  • Fabbretto Mickael

    C’était un petit coup bas sur cette console. J’ai l’impression qu’ils l’ont sortis un peu tôt et sans vrai jeu. J’aurais aimé qu’ils attendent un peu pour avoir un plus beau catalogue. Mais sur trois personnes qui l’ont acheté dans mon entourage, ils s’en servent tous comme lampe de chevet plus que comme console, continuant à jouer sur la ps3.

  • Merci Mickael pour ton retour éclairé et juste. C’est sûr que ça fait cher la démo…
    Par contre j’avoue que je ne comprends pas le coup de la PS4 qui prend la poussière. Perso dessus, j’ai une demi-douzaine de jeux et je n’ai déjà pas le temps de tous les faire. :/

  • Fabbretto Mickael

    Si l’on peu en effet penser que c’est une démo réussi, je dois tout de même dire que faire payer deux heures de jeu trente euro me fait vraiment mal au coeur.
    Vous dites le scénario suffisant pour vous donner envie de continuer, moi je trouve que c’est très faible en fait. Juste une piqure de rappel pour ceux qui n’auraient pas fait l’épisode sur portable.
    Le jeu est toutefois agréable dans le sens où si vous voulez y jouer plusieurs fois pour faire des scores plus élevés où finir les objectifs secondaires, vous devrez étudier plusieurs routes, apprendre les quelques subtilités et profité des designs plutôt magnifique.
    Mais cela reste une grande carte, fermé, où vous aurez plus ou moins d’ennemis.
    Je donne toutefois une mention à la mission de sauvetage qui montre que Narcisse est toujours d’actualité. Sans parler de la mission déjà vu qui est amusante par son côté décalé.
    Donc, je suis d’accord, il le faut, surtout si vous avez de l’argent, ou une de ses ps4 qui prend la poussière dans un placard. Mais si vous êtes un peu juste, choisissez tout autre chose.

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