[TEST] Ni No Kuni 2 (PS4)

Même si son histoire reste complètement indépendante, Ni No Kuni 2 fait suite au premier opus estampillé « La Vengeance de la sorcière céleste » sorti sur PS3 en 2011. Comme l’avait annoncé Level-5, quelques changements majeurs ont été opérés ici. C’est le moment de faire le bilan.

Tout au long de notre partie qui s’est étalée sur plus de 80 heures (le temps de retourner le titre à fond), ses grandes qualités n’ont eu de cesse de contrebalancer d’importantes lacunes. Cette lutte perpétuelle entre les deux extrêmes – qui fait écho à celle narrée dans le récit du soft – n’a au final pas eu raison de notre engouement. Pourtant, c’était loin d’être gagné. Et pour cause, le doute s’est installé dès l’entame de l’aventure. On y découvre Roland, l’un des protagonistes principaux originaire de notre monde, qui se voit projeté à travers un mystérieux portail dans un univers qui n’est pas le sien.

Ce président proche de la retraite se retrouve alors dans la fleur de l’âge au beau milieu d’un royaume où les espèces hybrides côtoient des humains. La magie y remplace la technologie de pointe, et les armes à feu semblent inconnues. A son arrivée, Roland fait la connaissance d’Evan, un jeune garçon ayant accédé à la royauté suite au décès de son souverain de père. Hélas, un terrible coup d’état fait rage, tant et si bien que les deux compères n’ont d’autre choix que de s’aider pour prendre la poudre d’escampette. Ainsi démarre une sympathique aventure visant à bâtir un nouveau royaume pour Evan, dont le but ultime consiste à ramener la paix au travers d’une alliance entre tous les pays. Et si cette tâche n’est pas une mince affaire à la base, elle va devenir carrément mission impossible à cause d’un énigmatique ennemi qui sème le chaos au sein de toutes les autres cités pour mener à bien son plan machiavélique.

Et le joueur dans tout ça ? Eh bien il se voit partagé entre la joie liée à la découverte d’un univers enchanteur et la perplexité suscitée par une histoire en demi-teinte. Les questions fusent dans notre esprit. Pourquoi et comment Roland est-il arrivé dans ce monde étrange ? Pourquoi n’est-il pas tellement surpris par cet évènement complètement surréaliste ? Pourquoi décide-t-il de suivre Evan partout sans même se poser de question ? Et puis d’abord, comment se fait-il que l’on ramasse des pistolets partout sous forme de loot alors que cette technologie n’est pas répandue ? Il faudra faire abstraction de pas mal de non-sens pour profiter du récit, lequel s’appuie un peu trop souvent sur des twists faciles mais se laisse suivre sans mal.

La touche Ghibli

En ce qui nous concerne, nous avons opté pour l’option « c’est l’effet conte de fée, la magie du rêve, il ne faut pas chercher à comprendre ». Et cela a plutôt bien fonctionné. Il faut dire que la direction artistique fortement inspirée par l’univers des studios Ghibli aide particulièrement à l’immersion (les doublages en V.O. aussi). Le chara design typique des dessins animés (Princesse Mononoke, Le Voyage de Chihiro…) est repris parfaitement. Certains personnages ressemblent d’ailleurs trait pour trait à ceux que l’on peut voir dans les animes, et on ne va pas s’en plaindre. Même si la bande son s’avère un peu passe partout, elle se marie bien avec les décors colorés et bucoliques. En quelques secondes à peine, nous sommes portés par la légèreté de l’ensemble, et c’est un réel plaisir de se promener dans les environnements proposés ici. Qui plus est, la présence d’une carte du monde ouverte « à l’ancienne » se révèle vraiment appréciable, avec les fameux power-up tels que le bateau ou le vaisseau volant pour permettre au joueur d’atteindre au fur et à mesure davantage de destinations. On se régale à chercher les zones cachées pour dénicher des coffres inaccessibles au premier abord, voire affronter des boss optionnels, etc.

Du pain sur la planche

Ni No Kuni 2 n’est d’ailleurs pas avare en contenu. Si le scénario principal s’étale sur une trentaine d’heures environ, il est difficile de résister à l’appel de la quête annexe tant le soft en propose un paquet. Les missions auxiliaires sont au nombre de 175, et nous font voyager de partout pour découvrir moult zones secrètes. Hélas, toutes ne sont pas forcément intéressantes de par leurs objectifs « livreur FedEx ». Dans le genre FedEx, il convient de mentionner les quêtes du contremaître, lesquelles se génèrent à l’infini pour quémander un lot d’objets divers, ou de terrasser un nombre défini de monstres. Cela dans le but de récolter des jetons servant à l’achat d’objets plus ou moins précieux, ou pour débloquer du personnel à recruter dans votre royaume.

Ce qui nous amène à la première innovation de cet opus : le mode royaume. Ce dernier consiste en une sorte de Sim City, autrement dit en une simulation de gestion de cité. Le concept est archi simple ; vous amassez de l’argent qui tombe automatiquement dans les caisses, vous construisez des bâtiments (commerces, fermes, etc.) qui font augmenter le royaume en notoriété afin de gagner davantage de sous, ce qui débloque davantage de bâtiments, etc. On a là un mode plutôt sympa qui sert également à enrichir le système de jeu. En effet, les améliorations que vous déverrouillez profitent directement à vos héros qui accèdent ainsi à l’achat de nouveaux sorts magiques, à la forge d’armures plus puissantes, etc. Car il est aussi possible de crafter de l’équipement à partir de matériaux récoltés sur la carte ou en tuant des ennemis. De même, un établissement offre l’opportunité de créer et améliorer des « mousses ». Ceux-ci sont des petits familiers qui vous accompagnent pendant vos combats et vous confèrent divers effets bénéfiques, voire assènent des malus aux adversaires entre autres attaques spéciales. Ces mousses font partie des nombreuses features utiles à collectionner de cet épisode, au même titre que les habitants de votre royaume.

Quant aux combats, ils s’en sortent plutôt bien. Très dynamiques, ils se déroulent à la manière d’un Tales of ou d’un Star Ocean. Orientés action, ils permettent de déplacer les héros en temps réel, et de frapper en alternant coups légers et forts, de sauter, d’esquiver et de lancer des magies / coups spéciaux à l’aide de touches raccourcies. Les joutes se montrent fort agréables malgré la répétitivité des ennemis et la grande facilité de l’ensemble. Car au final, l’un des plus gros défauts du titre réside dans le manque global de challenge à partir du moment où l’on engrange les niveaux. Il suffit en définitive de marteler les touches d’attaque physique avec deux trois esquives bien placées et le tour est joué.

 

L'avis de X-Fab :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Ni No Kuni 2 souffle le chaud et le froid tout au long de l’aventure. Néanmoins, malgré tous ses défauts loin d’être négligeables, ce qu’on retient à la fin c’est un voyage très agréable en compagnie de personnages mignons et attachants. On a là un titre très classique, absolument pas prise de tête (jusque dans son challenge peu prononcé), avec plein de choses à faire. Bref, une expérience idéale pour les amateurs de J-RPG à l’ancienne et les fans des longs métrages d’animation des studios Ghibli.

X-Fab

X-Fab est ainsi surnommé car il a passé de longues années au département des affaires non classées du FBI, en compagnie de Mulder et Scully… en tant que pièce à conviction. Persuadé d’avoir été enlevé par des ET, et clamant haut et fort qu’ils l’ont torturé en lui passant la musique de Tetris en boucle durant des semaines, il sait qu’il est différent des autres. Il prétend que son contact avec des entités paranormales lui a alloué des pouvoirs surhumains : ses pouces seraient cent fois plus rapides et puissants que ceux du commun des mortels. En quête de pouvoir, il réunit une équipe d’exception sur WebOtaku afin de convertir l’humanité à la cause des loisirs geek. Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, l’action-aventure, la baston, les jeux musicaux, et les cernes sous les yeux.

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