[TEST] NieR : Automata (PS4, PC)

Deuxième claque magistrale dans la tronche de ce mois de mars 2017, NieR : Automata vient sauver l’honneur d’une licence bien trop méconnue. Yoko Tarô (le papa de la série Drakengard) remet le couvert avec ce soft qui s’inscrit dans l’univers de son précédent titre NieR sorti en 2010 et développé par Cavia.

NieR n’avait pas rencontré le succès qu’il mérite, en partie à cause d’une robe graphique plus que vieillissante et d’un système de combat désuet. Pour le coup, confier ce nouveau projet à l’équipe de PlatinumGames – qui a le vent en poupe depuis sa tuerie Bayonetta – prend tout son sens. En effet, les studios savent y faire lorsqu’on parle d’associer un gameplay solide et nerveux à une réalisation qui flatte la rétine. Et sans réelle surprise, même s’il n’est pas exempt de défauts, le résultat alliant élégance et explosivité se montre ici plus que probant à ce niveau.

A commencer par les batailles fougueuses, soutenues par des chorégraphies de toute beauté, au sol comme en l’air, et une fluidité constante en 60 fps. La jouabilité multifacette permet de combiner des batailles dynamiques à l’arme blanche avec du shoot’em up en une simple transition d’angle de vue pour du fun garanti. On reconnaît le savoir-faire Platinum dès la première patate assenée, la première esquive bien placée, voire même au premier jump tant le feeling s’avère aussi unique que jouissif. Seul bémol si l’on compare le titre aux productions précédentes des studios, la panoplie de combos demeure un peu limitée, mais rien de bien méchant au vu du plaisir éprouvé.

Qui plus est, même si l’on perçoit clairement que des concessions ont été faites pour assurer un framerate au top, l’ensemble fait preuve d’un charme fou. Le soft dispose d’un cachet visuel unique grâce au soin apporté à la D.A. et l’animation, qui estompe les soucis techniques (distance d’affichage, clipping, crénelage, etc.) et le rendu digne d’une PS3 sous stéroïdes. Bref, c’est quand même beau, c’est fluide, ça pète de partout. Sans oublier le travail de Keiichi Okabe et Keigo Hoashi qui offrent une OST dans la lignée de celle de NieR (laquelle figure aujourd’hui parmi les plus belles compositions du jeu vidéo). Les mélodies enivrantes sont soutenues par des chœurs magnifiques et des rythmes galvanisants. Les doublages japonais se révèlent eux aussi parfaits. Enfin, le monde semi-ouvert, ses quêtes annexes, les possibilités de customisation et les duels contre les boss gigantesques enfoncent le clou pour livrer une œuvre riche et complète.  Du bonheur à l’état brut.

Monde ouvert VS ouverture d’esprit

L’autre énorme bienfait du jeu réside dans son univers un peu barré et la façon dont est contée sa passionnante histoire (axée autour de la suprématie des robots) que nous préférons garder sous silence pour éviter de gâcher la joie de la découverte. Sachez simplement que l’action se déroule très longtemps après NieR. L’humanité a presque disparu de la surface de la Terre suite à l’avènement des machines. Les survivants installés sur la Lune lancent le projet YoRHa : des androïdes de combat envoyés sur notre planète pour la récupérer. Le joueur suit les aventures du duo 2B et 9S.

A l’instar de l’esprit malade de son créateur, le scénario d’Automata ne se laisse pas appréhender facilement. La narration est morcelée de telle façon qu’il est nécessaire – comme dans NieR – de réaliser plusieurs parties + pour profiter de tous les points de vue et remettre les pièces du puzzle en place. 3 runs sont ainsi nécessaires pour bénéficier de tous les pans du récit et assister aux multiples fins (soit environ 25h de jeu). Le revers de la médaille, car il y en a un, c’est qu’à force de revisiter à chaque NG+ certains décors, d’affronter les mêmes ennemis, la lassitude s’installe peu à peu.

Idem, on a beau avoir affaire à plusieurs zones ouvertes plutôt bien fichues, refaire les mêmes allers-venus durant les quêtes annexes de type FedEx accentue la redondance. Heureusement, la mise en scène de qualité ose sans arrêt des effets de style qui collent à merveille avec cette « atmosphère robotique » si particulière et le propos. Tarô a même poussé le délire jusqu’à penser son interface telle un OS ou obliger le joueur à gonfler les capacités de mémoire de ses avatars androïdes via des puces pour pouvoir afficher sa jauge d’exp ou les dégâts dans le HUD. Génial.

L'avis de X-Fab :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Avec Automata, NieR prend une revanche bien méritée tout en s’ouvrant à un large public. Impossible de ne pas craquer pour la charmante 2B et la douce folie de son épopée. Malgré quelques imperfections, le soft déborde tellement de qualités et d'amour que tout le monde y trouvera son compte ; les fanatiques de la baston, ceux qui préfèrent les scénarios bien ficelés, ou les amateurs d’OVNI vidéoludiques.

 

 

X-Fab

X-Fab est ainsi surnommé car il a passé de longues années au département des affaires non classées du FBI, en compagnie de Mulder et Scully… en tant que pièce à conviction. Persuadé d’avoir été enlevé par des ET, et clamant haut et fort qu’ils l’ont torturé en lui passant la musique de Tetris en boucle durant des semaines, il sait qu’il est différent des autres. Il prétend que son contact avec des entités paranormales lui a alloué des pouvoirs surhumains : ses pouces seraient cent fois plus rapides et puissants que ceux du commun des mortels. En quête de pouvoir, il réunit une équipe d’exception sur WebOtaku afin de convertir l’humanité à la cause des loisirs geek. Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, l’action-aventure, la baston, les jeux musicaux, et les cernes sous les yeux.

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