[TEST] Nights of Azure

Sorti de sa série Atelier, Gust n’est pas très prolifique. Devant la perte de vitesse constatée avec les derniers volets de leur licence phare, les studios ont décidé de reconquérir le public en changeant de registre. C’est pour cela que l’on attendait de pied ferme ce Nights of Azure dans l’espoir de découvrir quelque chose de neuf.

Nights of Azure nous place aux commandes d’Arnice dans une réalité alternative. Sur cette autre Terre, le monde s’est jadis vu transformé par le terrible « Nightlord » qui, avant de s’avouer vaincu, a fait pleuvoir son sang corrompu sur les habitants, les transformant ainsi en des créatures nocturnes. Agent de l’Église de son état, notre belle héroïne est aujourd’hui envoyée sur l’île de Ruswall afin d’éviter la résurrection du Seigneur de la Nuit. Pour ce faire, elle devra faire équipe avec Lillyce, une prêtresse, qui n’est autre que son amie d’enfance. La relation entre les demoiselles va rapidement évoluer en une idylle amoureuse qui s’inscrira au cœur du scénario, en parallèle de la lutte nocturne contre les vilaines bébêtes.

Intéressant sur le papier, ce synopsis donne l’eau à la bouche. Qui plus est, les artworks diffusés jusqu’ici et le chara design défoncent ! Comme d’habitude, Gust nous présente des héroïnes hyper mignonnes et bien modélisées. On a envie de croquer dedans à pleines dents (dans le jeu, pas les filles… Quoique… Enfin voilà quoi…), on a envie d’y croire ! Le début de l’aventure nous encourage dans cette perspective lorsqu’on goûte à l’atmosphère qui se dégage au travers de la direction artistique soignée et son délicieux univers gothique. Les influences vont lorgner du côté de Devil May Cry et Bloodborne tant au niveau du background que du gameplay (notamment le système d’expérience à base de sang à récolter), ce qui n’est pas anodin.

De plus, la prise en main se révèle très instinctive. Dans cet Action-RPG très proche d’un beat’em all, les combats se font en temps réel. Les coups sortent facilement, ça pète bien, c’est dynamique. Bref on se prend rapidement au jeu, d’autant que de bonnes idées agrémentent le tout. Arnice peut par exemple se transformer en créature surnaturelle pour booster ses pouvoirs (agilité/puissance) en fonctions des familiers (les Servans) qui l’accompagnent. Ceux-ci se récupèrent en tuant des monstres et s’équipent par la suite jusqu’à 3 simultanément. Il est ensuite possible de leur transmettre des ordres à la volée pour lancer des assauts de façon stratégique. Par ailleurs, étant donné que le gros de l’action se déroule la nuit, une gestion des activités annexes diurnes permet d’améliorer différentes statistiques en arrière-plan (ces stats gonflent automatiquement de façon transparente dans la mesure où les activités sont simplement suggérées ; on n’y prend pas part directement).

Gros potentiel, mais…

Mais l’engouement retombe hélas très vite. Naturellement, on tente de pousser la maîtrise des bastons, des combos, pour se rendre compte qu’il n’y a pas de réel moyen d’enchaîner correctement les ennemis, donc on se contente de bourriner dans le tas. Et ça passe (sauf pour le boss final très costaud)… Frustration ultime, il n’existe pas non plus de combos aériens. On continue les reproches en soulignant le level-design des donjons tout aussi sommaire et peu inspiré que dans les productions précédentes de Gust (vive les couloirs !). Et il faut voir les décors qui s’avèrent d’une pauvreté et d’un vide inversement proportionnel au décolleté des héroïnes. Sans parler du bestiaire qui compte tout au plus une trentaine d’ennemis…

Transformation-003Quant à l’histoire, trop prévisible, elle peine à nous emporter à cause du manque d’originalité dont elle fait preuve sur le long terme. De même, la relation amoureuse sur fond de yuri se révèle au final trop classique pour provoquer de réels sursauts émotionnels. Heureusement, elle reste un brin rafraîchissante en dépit de situations déjà vues parce qu’elle permet de s’éloigner un peu des clichés habituels du J-RPG (l’ado émo qui sauve le monde, toussa). Attention, il est également important de préciser que le jeu est intégralement en anglais (avec l’opportunité de passer les voix en japonais). Si vous n’êtes pas à l’aise avec la langue de Shakespeare, c’est ballot.

Transformation-007Malgré tout, même si le titre se montre fainéant sur tous ces aspects, force est de reconnaître qu’il dispose du potentiel pour nous accrocher suffisamment durant la vingtaine d’heures de jeu qu’il propose si l’on adhère à son ambiance, ses personnages, les bonnes idées dont il fait preuve et sa bande-son. En effet, celle-ci se montre à la hauteur de la D.A. et véhicule elle aussi cette aura gothique si particulière. Les thèmes symphoniques sombres aident à gommer l’austérité des donjons et les morceaux métal transcendent les affrontements déjà plaisants (surtout contre les boss).

L'avis de X-Fab :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
A l'image de la relation entre ses deux héroïnes, Nights of Azure procure un plaisir en dents de scie. On tombe rapidement sous le charme de son atmosphère ou ses combats mais on déchante au fur et à mesure que l'on constate l'absence de profondeur de son histoire ou combien son système de jeu ne va pas au bout des choses. Cependant, le soft n'en reste pas moins un bon divertissement qui nous change des Ateliers.

X-Fab

X-Fab est ainsi surnommé car il a passé de longues années au département des affaires non classées du FBI, en compagnie de Mulder et Scully… en tant que pièce à conviction. Persuadé d’avoir été enlevé par des ET, et clamant haut et fort qu’ils l’ont torturé en lui passant la musique de Tetris en boucle durant des semaines, il sait qu’il est différent des autres. Il prétend que son contact avec des entités paranormales lui a alloué des pouvoirs surhumains : ses pouces seraient cent fois plus rapides et puissants que ceux du commun des mortels. En quête de pouvoir, il réunit une équipe d’exception sur WebOtaku afin de convertir l’humanité à la cause des loisirs geek. Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, l’action-aventure, la baston, les jeux musicaux, et les cernes sous les yeux.

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