[TEST] Nioh (PS4)

Difficile de ne pas penser instantanément à la série Dark Souls lorsque l’on pose les mains sur Nioh. En effet, l’Action-RPG développé par les équipes de la Team Ninja reprend la plupart des codes de la licence phare du studio From Software. Mais Nioh n’est-il vraiment qu’une pâle copie de DS ou réserve-t-il quelques (bonnes) surprises ?

English man in Japan

Nioh nous met dans la peau de William Adams, un bretteur anglais qui se retrouve parachuté en plein Japon féodal, dans une guerre opposant shoguns légendaires, Yokaïs, Onis et esprits protecteurs. Premier constat lorsqu’on déboule ici après avoir bouclé Dark Souls 3 : le storytelling est plutôt solide et on percute bien mieux les enjeux, aux côtés de personnages secondaires classieux dont le look ne manquera pas de rappeler celui des héros de la série Dead or Alive du même studio.

Après un prologue permettant de se familiariser avec les commandes de base du jeu, on entre directement dans le vif du sujet en tranchant du bandit pour survivre. Heureusement, notre ami William va vite disposer d’un arsenal conséquent piqué sur chacune de ses victimes. Katana, double katana, lance, hache ou encore faucille avec chaîne, tout le monde trouvera son bonheur avec ces cinq types d’armes ayant chacune leurs caractéristiques.  Par exemple, le double katana permet de démembrer avec style ses ennemis avec des coups nombreux mais peu puissants, tandis que la hache sera très utile pour briser la garde de l’adversaire à l’aide d’assauts plus lourds mais forcément plus lents.

Toutefois, quelle que soit l’arme que l’on manie, il faut faire très attention à garder un œil sur sa barre d’endurance.  En effet, comme dans Dark Souls, celle-ci descend à chaque action de notre personnage, qu’elle soit offensive ou défensive (roulades, garde) et remonte petit à petit lorsque l’on reste tranquille. Bien gérer son endurance est donc une des clés du titre pour ne pas mourir toutes les 15 secondes face au bestiaire du jeu.

Car, si la progression au sein des niveaux ne présente pas trop de difficultés insurmontables, malgré quelques mobs vicelards et un level-design mettant à rude épreuve notre sens de l’orientation, les boss, eux, ne nous font aucun cadeau. Chaque affrontement contre l’un d’eux donne inévitablement lieu à une crise de nerfs plus ou moins intense qui vous fera découvrir les joies du lancer de manette et des disciplines associées.

Samurai transformiste

Face à l’obstacle que sont les boss, Nioh propose plusieurs axes d’améliorations permettant de réussir à venir à bout de ces derniers. Car si le skill du joueur est déterminant, obtenir un bon équipement et améliorer le niveau ainsi que les compétences de William aide pas mal pour dézinguer des Onis et autres Yokaïs avec plus de facilité.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le titre est vraiment très généreux concernant le loot d’objets plus ou moins rares que l’on peut obtenir dans des coffres lors de notre progression, en récompense des missions, sur les ennemis tués, ou encore sur les cadavres des joueurs tombés au combat que l’on invoque afin de les occire et piquer leur stuff. Le loot et la gestion des objets aux statistiques/niveaux aléatoires sont en ce sens plus proche de ceux d’un Diablo 3 ou d’un Borderlands, là où Dark Souls propose une liste d’équipements figée. Très vite, on se retrouve avec pléthore d’items aux caractéristiques nombreuses qu’il faudra régulièrement trier pour ne pas blinder son inventaire en moins de 2.

Pour cela, un bon moyen consiste à faire des offrandes aux sanctuaires afin de récupérer de « l’Amrita », la monnaie d’échange essentielle pour augmenter le niveau de notre personnage. Aller voir le forgeron (disponible après avoir bouclé la première mission principale) peut également être pratique pour se débarrasser de son vieil équipement en le vendant ou  le démantelant. Très complet, le système de forge permet aussi de fusionner des armes ou des armures, d’en créer de nouvelles, d’augmenter leurs caractéristiques ou encore de les redessiner. Cette dernière option, plutôt originale, permet d’apposer le skin d’un équipement sur un autre. Comme ça, si on trouve une armure hyper puissante mais franchement moche, il est possible de lui donner l’allure plus chatoyante d’une autre sans sacrifier ses stats.

Adoptez la bonne posture !

Quant aux compétences de combat de William, il est possible d’en débloquer de nouvelles au fil de notre avancée dans l’aventure, en échange des points adéquats. Nouveaux combos, capacités passives, contre, meilleure récupération d’endurance… Les techniques à acquérir sont nombreuses et pour la plupart spécifiques à un type d’arme ainsi qu’à la posture que l’on adopte. Cette notion de posture ajoute d’ailleurs plus de profondeur aux combats. Si elle paraît compliquée au début, on prend vite le réflexe de se mettre en posture haute, médiane ou basse selon le combo que l’on veut sortir ; si l’on veut frapper plus fort (posture haute) ou encore donner des coups rapides pour acculer l’ennemi tout en restant capable d’esquiver le moment venu (posture basse).

Enfin, via le menu compétences, on peut aussi apprendre le Ninjutsu et la magie d’Omnyo dans le but de créer des outils de ninjas (debuff) ainsi que des objets magiques comme des talismans pour enchanter les armes avec un élément spécifique (Feu, Eau, Foudre, Terre, Poison…). Le potentiel d’évolution se révèle plutôt appréciable, et jusqu’à la fin de l’aventure qui nécessite un niveau 100+ (et bien davantage si l’on souhaite boucler l’intégralité des nombreuses quêtes annexes), il y a moyen de se forger une petite bête de guerre adaptée à sa façon de jouer.

Un guerrier sans faille ?

Avec son gameplay riche, ses combats intenses et  son contenu de base conséquent promettant de nombreuses heures de jeu, difficile de trouver de grosses lacunes à Nioh. Même du côté de sa réalisation le titre s’en sort bien avec une animation exemplaire et un framerate toujours au taquet, donnant une certaine pêche aux différents affrontements. Graphiquement, l’ensemble reste correct malgré des environnements beaucoup moins profonds et travaillés que chez le fleuron du genre, Dark Souls 3. L’ambiance musicale du titre est quant à elle réussie avec des thèmes aux notes de musique traditionnelle japonaise qui accompagnent avec justesse nos péripéties.

Au final, les seuls véritables reproches que l’on peut formuler envers Nioh résident dans l’interface des différents menus assez brouillonne et dans la volonté des développeurs d’avoir voulu limiter le jeu en coopération. Alors que les différentes démos offraient la possibilité d’effectuer les missions avec un ami sans trop de limites, dans la version finale du titre, il faut que la personne qui souhaite rejoindre notre partie ait déjà fini la mission que l’on veut parcourir. Impossible donc de découvrir l’aventure avec un pote et d’affronter les dangers en binôme de noobs. Cela s’avère d’autant plus dommage que la coopération est appréciable lorsqu’on s’attaque aux missions crépusculaires, autrement dit des versions beaucoup plus dangereuses des quêtes principales (qui changent quotidiennement), mais cela oblige l’un des joueurs à se casser les dents en solo (ou avec un partenaire inconnu de fortune) sur ces challenges avancés avant de pouvoir aider ses amis.

Il convient aussi de mentionner un détail majeur qui dérangera les adeptes de Dark Souls / Bloodborne en ce qui concerne le game design, et plus particulièrement le concept des régions fragmentées en différents niveaux. Dans Dark Souls, on a affaire à un monde gigantesque autorisant le voyage rapide depuis des checkpoints. Nioh, lui, a opté pour des missions (principales ou annexes) accessibles depuis une carte du monde au sein de zones à la taille limitée. Une fois la mission lancée dans un niveau, on progresse jusqu’à débloquer des raccourcis qui permettent de naviguer plus librement dans la zone. Cependant, l’intérêt de ces raccourcis s’avère plus que restreint ici contrairement à Dark Souls, car une fois la mission bouclée, la zone se réinitialise complètement. Et si on y pénètre à nouveau (dans le but de farmer un ennemi précis ou de trouver les collectibles manquants par exemple), il faut se refarcir l’intégralité du cheminement… Dommage. Enfin, les férus de PvP remarqueront tout de suite son absence, mais qu’ils se rassurent, un DLC est déjà prévu pour implémenter ce mode qui permettra de tester son habilité au sabre face à des joueurs du monde entier.

L'avis de Samanomatou :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Ninja Gaiden, Onimusha, Dark Souls… Les titres qui ont inspiré Nioh sont nombreux. Toutefois, plutôt que de copier bêtement ces derniers, le studio Team Ninja a su en tirer le meilleur pour faire de Nioh un jeu de qualité, disposant de sa propre identité. Une exclusivité PS4 à ne pas manquer pour les amateurs de folklore japonais et d’Action-RPG ardus.

Samanomatou

Samanomatou est aussi connu sous le nom de « Mat le Génie » par-delà les 7 mers, ou plus sobrement comme « Le Furax ». Certainement l’un des gamers les plus acharnés et persistants que nous ayons rencontrés, il est capable de recommencer 4 millions de fois le même passage tant qu’il n’a pas atteint le summum de la perfection. Expert du lancer de Sixaxis, il est aussi un grand amateur de Platine, ou plutôt de « Plataing » comme on dit chez lui à Marseille. Pour lui, faire 120 fois le tour du bac à farine en sautillant sur les mains pour un trophée de bronze, ce n’est pas un problème. Un type cinglé comme ça, il nous le fallait dans la team ! Ses spécialités : le RPG, la baston et les jeux d’action en tous genres.

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