[TEST] Puyo Puyo Tetris (Switch)

Longtemps considéré comme un événement marquant, la sortie d’un cross over s’est peu à peu normalisé dans la pop culture vidéo-ludique, jusqu’à devenir un moment banal. Il faut dire qu’après avoir vu des héros de différents mangas se taper dessus (shonen sunday x shounen jump, Super Robot Taisen), des super héros japonais contre des super héros US (Marvel versus Capcom), des RPG parcs d’attraction (Kingdom Hearts) ou des rivalités de mascottes mises en scène (Mario contre Sonic aux JO), on avait l’impression que tout avait été proposé. Mais avec Puyo Puyo Tetris, il faut bien reconnaître qu’on tombe dans un nouveau registre du cross over. Pour le meilleur et pour le pire ?

 

Moi aussi, j’ai une idée de cross over

 

A-t-on jamais vu un « Football vs Hockey » ? Quand on y pense, ce n’est pas si fou. Les deux sports proposent un terrain rectangulaire, divisé en deux zones de même surface pour chaque équipe, avec des cages à  l’extrémité extérieure de chaque zone. Chaque équipe doit placer un objet dans les cages de l’équipe adverse tout en défendant les siennes. Quand on y pense, un cross over « Football vs Hockey » est possible ! Non ?

 

Si ça vous semble bizarre, vous commencez à comprendre le défis qu’a du représenter le mariage de Tetris et de Puyo Puyo pour les développeurs du jeu. Car si on voit bien ce qui unit ces deux titres, l’initié voit davantage ce qui les sépare. Tetris et Puyo Puyo viennent du même monde mais pas de la même culture. Et pour rendre le dialogue possible, les règles pour équilibrer les confrontations ont dû être profondément étudiées.

 

Pas même couleur de peau, mais même couleur quand faire puyo (hommage à Mozinor)

 

Tetris et Puyo ont le même fonctionnement de base : des éléments tombent du haut de l’écran et vous devez les organiser pour qu’ils se neutralisent (dans Tetris, les briques s’effacent lorsqu’elles forment une ligne horizontale continue, dans Puyo, lorsque un groupe de trois gouttes est formé, quel que soit l’agencement de ces gouttes). Le but de ces deux titres est d’éviter que les éléments qui tombent ne remplissent tout l’espace de jeu.

 

Pour les deux titres, le mode multijoueur ajoute la même règle : à chaque effacement, un lot d’élément est ajouté sur l’écran du joueur adverse. Et c’est ici que les ADN des deux jeux se rejettent. Tetris est un jeu qui joue bien plus sur les réflexes et le court terme que Puyo Puyo, qui demande une stratégie sur un terme plus lointain. Dans le même temps, Tetris est bien plus déterministe et Puyo Puyo plus hasardeux. En effet, si le résultat d’un placement de brique est sans appel sur Tetris, sur Puyo Puyo, il peut y avoir des réactions en chaînes complètement imprévues par le joueur.

 

Pour pallier ces différences de gameplay, l’attention a donc été portée sur l’équilibre des sanctions en mode battle. Pour être honnête, la logique de ces sanctions n’est pas toujours très claire en temps de jeu (allez compter le nombre de briques que vous avez envoyées à votre voisin quand vous êtes vous même sous pression) mais elle semble fonctionner globalement, même à quatre joueurs.

 

Switchez plutôt en mode TV

 

Sur un jeu pareil, qui met le cross over en avant, il est évident que le mode multiplayer représente l’épine dorsale du titre. Même quand vous êtes seul, (hors mode marathon), le jeu vous opposera à des IA plus ou moins corsées. La convivialité est le maître mot du titre, et la Nintendo Switch est justement taillée pour ce genre de philosophie de jeu. Pourtant, Puyo Puyo Tetris n’est pas aussi casual friendly qu’il se présente. Il est facile à prendre en main, bien sûr, mais le jeu à 4 n’est pas vraiment compatible avec l’écran de la switch en mode portable. Ce n’est pas avec ce titre que vous brillerez en apportant votre machine en soirée comme on le fait dans les pubs.

 

En effet, il est plutôt difficile de lire sa colonne de jeu dans un espace d’écran trop confiné. Lassés, les casuals que vous vouliez impressionner reprendront les rênes de la soirée en vous expliquant comment fonctionne candy crush (« et en plus c’est gratuit »). Et si vous avez un grand écran, là encore, il faudra veiller à être entouré de joueurs un minimum renseignés (ndr : j’ai dû expliquer les règles de Tetris pour tester le mode 4 joueurs…). À l’ère du jeu sur mobile, les jeux comme Tetris sont trop souvent assimilés à du snack gaming, vite joués, vite zappés, négligemment consommés entre deux stations. Or, Puyo Puyo Tetris demande de trouver des opposants capables de tenir un enchaînement de plusieurs parties de 5-10 minutes. Aussi vous êtes prévenus : pour vraiment apprécier ce titre, il faudra switcher en mode gamer. Il y a ici, certainement, une idée qui justifie en partie son positionnement tarifaire.

L'avis de Selami :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Il n'était pas dit qu'en prenant deux titres légendaires on puisse pondre un héritier légitime. À ce jeu, on doit bien dire que Sega réussit son pari. Certains penseront toujours qu'un camp reste légèrement avantagé par rapport à l'autre mais, dans le fond, c'est toujours la mauvaise foi du joueur qui l'emporte et ça, pour un titre qui parie sur la convivialité, c'est plutôt bon signe. Et si vous êtes plutôt un joueur partageur, limitez-vous à des joutes à deux sur votre petit écran.

Selami

Selami

Petit, on lui interdisait de toucher à l'écran du téléviseur, des fois qu'il reçoive une décharge. Cette frustration a forgé une passion : touche à tout de l'image. S'il y a un écran dans le coin, qui diffuse un jeu, une vidéo ou de la 3D, vous pouvez être certains qu'il aura cherché à mettre ses mains dedans pour savoir comment ça fonctionne. Après, ça reste du n'importe quoi mais au moins, il essaie... Son but final ? Créer une armée de clone en 3D pour répandre son énergie positive ! Ses spécialités : les RPG, les survival-horror, l’action-aventure et la détection de pixels morts.
Selami

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