[TEST] Risen 2 : Dark Waters

La version console de Risen était une honte qui avait nécessité un patch pour devenir jouable, alors on était en droit de s’inquiéter à l’annonce du portage de Risen 2 quelques mois après sa sortie sur PC. Et même si Pyranha Bytes avait appris de ses erreurs, le studio réussirait-il à nous offrir un jeu intéressant et novateur ? C’est ce que les créateurs de la série Gothic tentent en tout cas d’accomplir avec une histoire de pirate haute en couleur, et surtout plus accessible.

Mille sabords

Avec son histoire de pirates, cette suite s’ouvre les portes d’un monde très original. L’épopée se déroule plusieurs années après la (décevante) conclusion du premier épisode. Le héros, qui fait désormais partie de l’inquisition, se lance dans une nouvelle mission en se faisant passer pour un corsaire. Son but : débarrasser le monde de Mara, le titan des mers à qui l’on doit le retour des krakens dans l’océan. Mieux écrite et plus mouvementée que celle de Risen, la trame principale se révèle particulièrement agréable à suivre et réserve son lot de moments épiques. Et si les premières heures se contentent de nous trimballer de continents en continents de façon linéaire, la seconde partie de l’épopée devient beaucoup plus ouverte. Dès que vous récupérez votre majestueux navire, vous parcourez librement la vaste carte du monde composée d’une demi-douzaine d’îles et de régions côtières. Avec votre propre équipage qui se développe au fur et à mesure du jeu, vous explorez comme bon vous semble cet univers coloré en quête d’aventures et de richesses.

La première amélioration dont on a voulu s’assurer concerne bien sûr la réalisation. Cette mouture 360 s’est rapidement montrée rassurante de par le travail accompli, et pas que pour rendre les contrôles au pad bien adaptés. Les décors sont relativement fins et détaillés, et leurs couleurs chatoyantes allouent au titre une ambiance différente de ce qu’on l’on peut trouver ailleurs. Un bon point. La modélisation des visages a aussi été révisée, ce qui accentue le charisme des personnages (qui ne ressemblaient pas à grand-chose dans Risen…). La musique se fait plutôt discrète, mais l’ambiance sonore est très réussie. Les cris de la faune nous accompagnent dans la jungle luxuriante tandis que des bruits mystiques nous hantent dans les ruines anciennes. Néanmoins, les quelques ralentissements constatés et le clipping restent problématiques. Tout comme la mise en scène assez pauvre, l’animation générale encore trop rigide ainsi que les bugs d’affichage ou de collision. En outre, l’interface et les dialogues sont toujours aussi peu lisibles, et les temps de chargements plutôt longs.

Quart d’heure de gloire

Côté gameplay, on retrouve la touche Gothic, à savoir un monde ouvert, des quêtes auxiliaires à foison et un système d’artisanat très complet permettant de customiser vos armes ou de cuisiner. Les chasses au trésor sont légion et vous pouvez vous faire aider par un singe apprivoisé ou un perroquet. Riche et cohérent, Risen 2 base votre progression sur l’interaction. Très nombreux, les PNJ délivrent une quantité considérable de missions à accomplir de plusieurs manières, en fonction de vos réponses lors des sympathiques dialogues à choix multiples, mais aussi des talents et aptitudes que vous avez acquis en personnalisant votre avatar. À ce propos, piraterie oblige, l’expérience laisse ici place aux « points de gloire ». Néanmoins, le concept reste sensiblement le même puisque ces derniers servent à améliorer vos caractéristiques (armes à feu, résistance, etc.). La magie est quant à elle présente sous la forme peu commune du vaudou. Avec les capacités adéquates, vous pouvez vous servir d’un sceptre ou de poupées afin d’envouter les NPC. Cela permet de forcer les adversaires à s’entretuer ou de prendre le contrôle d’un personnage pour conclure habilement une quête. Une idée intéressante qui nous fait d’autant plus regretter le système de combat en temps réel bien trop limité.

Si les contrôles de Risen étaient déjà approximatifs, il y a de quoi péter les plombs ici. Le héros peut alterner les swings rapides d’épée avec des coups de pistolets ou de pied, mais l’absence d’esquive associée au lock automatique fait que l’on finit par bourriner sans réelle stratégie. Les coups sortent en retard, on se fait enchainer par les adversaires sans rien pouvoir faire, et le système de level-up du personnage n’est pas là pour nous aider face à une difficulté mal dosée et des joutes simplistes et dépassées. Le moindre singe rencontré dans la jungle peut vous humilier pendant les premières heures (et je ne parle pas des jaguars ou des araignées…). Heureusement, des compagnons sont là pour vous soutenir, sans quoi vous recommenceriez les mêmes combats 20 fois au lieu de 5. Les rencontres étant très nombreuses, les 10 premières de jeu vous sembleront être une éternité. Et ne comptez pas vous offrir des équipements de folie pour développer vos stats, ils sont très longtemps inaccessibles.

Hissez la grand-voile !

Rien de rédhibitoire cependant, d’autant que le challenge ne s’avère plus aussi corsé qu’auparavant, et on ne va pas s’en plaindre ! En dépit des possibilités conséquentes inhérentes au statut de RPG bac à sable et du minimalisme de l’indicateur d’objectif, on trouve ses marques assez facilement en laissant libre cours à notre amour de l’exploration. Le monde est vaste, les quêtes sont relativement diversifiées et le jeu recèle de nombreux secrets qui nécessitent d’explorer des endroits déjà visités avec de nouvelles compétences. Pour peu que vous mettiez quelques points de gloire et piécettes (malheureusement rares) dans le craft, vous apprécierez de créer vos propres potions, armes puissantes et enchantements. Le tout enrobé de beaucoup d’humour (avec des dialogues très crus !), de mini-jeux et d’une intrigue relativement intéressante. Un dernier mot sur la durée de vie. Risen 2 peut se finir en une vingtaine d’heures en ligne droite, mais comptez au moins le double si vous prenez la peine de faire les quêtes annexes et de fouiller complètement chaque île sauvage.

Risen 2 c’est comme du rhum cul sec, ça arrache au début et après c’est grisant. Le monde ouvert offre moult quêtes annexes et secrets à découvrir. Mais le système de combat poussiéreux et la très lente montée en puissance du personnage nuisent au plaisir de jeu durant les premières heures. Il vous faudra donc résister à l’envie de jeter la manette au début tant le système de combat est une horreur. Passé le cap de la frustration totale, Risen 2 offre une ambiance excellente et une expérience agréable.

Na'Tali

Après avoir rêvé d’aventure dans les champs de moutarde dijonnais, Na’Tali s’est lancée dans le projet insensé de se financer un voyage intergalactique en compagnie du commandant Shepard et Kaidan Alenko. Depuis, elle a migré sur la capitale afin de gagner suffisamment d’argent pour construire une réplique du Normandy dans son jardin. Pour ce faire, elle se donne en spectacle dans la rue avec son petit chien en enchainant les perfect sur les morceaux expert de Guitar Hero. En parallèle, et parce que cela ne représentait pas assez de challenge, elle a également entamé la fabrication d’une machine à remonter le temps pour retrouver Alistair et ses amis gardes des ombres, ainsi que Geralt de Riv. C’est qu’elle en a de la ressource, la petite ! Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, les jeux musicaux et le travail manuel.

Un commentaire

  • J’ai essayé le jeu vite fait et l’ambiance m’a plu. Par contre, techniquement, ce n’est pas trop ça. Et puis c’est vrai que les combat sont à chier. Peut-être plus tard en occasion. :/

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