[TEST] Silent Hill : Downpour

Silent Hill, deux mots évocateurs pour les fans de survival horror. Brillamment scénarisés, dévoilant la psyché de personnages touchants et sombres sur une bande-son inoubliable, les trois premiers opus de la série étaient de vrais chefs d’œuvre. Mais difficile de garder un tel niveau quand on frappe aussi fort. D’ailleurs, dès que Konami a passé la main à des studios américains, la saga a perdu de sa superbe. L’excellence a fini par muer en déception. C’est pourquoi nous attendions Downpour sans grande conviction. Mais rien de tel pour être agréablement surpris au final.

downpour [da?n?p??r] = averse, déluge

C240_downpour04Les premiers épisodes de Silent Hill ont été régis par certaines règles, ce qui a créé une assurance qualité pour cette série à ses débuts. Tout d’abord, les jeux installaient une atmosphère oppressante grâce à plusieurs éléments clefs : une musique angoissante (à base d’ambiance sonore mystérieuse mêlée à des bruits industriels stressants), une esthétique glauque voire carrément crade et des monstres inspirés (associant un design dégoutant avec un brin d’érotisme). Là-dessus venaient se greffer un rythme de progression très lent, et bien entendu, un gameplay favorisant le suspense. En limitant le champ de vision (via des angles de caméra fermés et l’installation du fameux brouillard) et les possibilités de mouvement, le joueur se retrouvait diminué dans un contexte traumatisant. C’est cette sensation unique de peur qui a généré l’engouement autour de Silent Hill, et que les derniers épisodes n’ont pas su restituer.

C240_downpour01Contrairement à Homecoming, Downpour n’essaie pas de copier l’essence originelle de la saga, mais se l’approprie, la transforme sans l’altérer. Ici, ce ne sont pas le brouillard ou les angles de vue qui vous handicapent le plus, mais la pluie et l’obscurité. Car Silent Hill est une ville fantôme baignée de noirceur que seuls une lampe torche, une lampe à UV ou un briquet vous permettront d’éclairer par moment. Autant vous prévenir : votre champ de vision sera très restreint et le moindre bruit suspect mettra votre palpitant à rude épreuve. La bande-son de Daniel Licht (le compositeur de Dexter) s’avère surprenante tant elle restitue à merveille le côté terrifiant de la ville. On félicite également la narration et la mise en scène, pimentées par des plans de caméra ingénieux et des scènes paranormales à couper le souffle. Enfin, et c’est là le principal, Downpour propose un univers cohérent et fidèle à Silent Hill. Pas de Pyramid Head posé à l’arrache, tout ici trouve sa juste place pour créer un monde reflétant l’esprit tourmenté du héros. Alors certes, on ne retrouve pas le bruit ou les filtres appliqués à l’image, la signature musicale d’Akira Yamaoka, ni la même violence visuelle qui caractérisaient Silent Hill 2, que beaucoup considèrent comme le meilleur volet. Mais ça ne remet pas en question la qualité de cet opus qui apporte un réel second souffle à la série. Il reste encore du chemin avant d’égaler l’excellence des trois épisodes initiaux, mais Konami est sur le bon chemin.

Condamné à perpétuité

C240_downpour05Dans Silent Hill Downpour, vous incarnez Murphy Pendleton qui purge sa peine en prison. Dès les premières minutes du jeu, ce personnage vous met dans l’ambiance en assassinant un codétenu à coups de couteau et de bâton. C’est la première fois qu’un Silent Hill dévoile ainsi la noirceur d’un héros, du moins aussi tôt. De quoi vouloir en savoir plus, car l’habit ne fait pas le moine selon le vieil adage. Après cet incident, Murphy est très logiquement transféré dans un établissement haute sécurité, mais un accident lors du voyage va tout chambouler : il échoue à Silent Hill. Cette ville maudite va se jouer de lui en lui rappelant un épisode traumatisant de sa vie, en semant des indices pour le conduire à sa perte et en mettant à ses trousses une femme flic très en colère… Ses actions, bonnes ou mauvaises, vont définir son karma et sceller son destin. Quel Murphy incarnerez-vous, que serez-vous prêt à faire pour sortir en vie de cet enfer ?

C240_downpour02Peu après que Silent Hill : The Room ait quelque peu déçu les fans de la saga, le studio Monolith (à qui l’on doit les célèbres F.E.A.R.) sortait un survival à la première personne : Condemned. Je l’avais beaucoup apprécié, car nous étions en quelque sorte en manque de frissons et de nuits agitées à cette époque. Downpour m’a beaucoup fait penser à ce jeu, puisqu’ils ont pas mal d’éléments de gameplay en commun. La lampe UV pour commencer. Outre le fait qu’il émette une source de lumière très rassurante, cet accessoire vous permettra de trouver votre chemin et des indices cachés, ou de résoudre des énigmes. Autre point commun, et pas des moindres, il est possible dans Downpour de ramasser de nombreux éléments du décor et de les utiliser comme arme. Briques, bâtons, chaises, lampes, poêle, clés à molette, couteau, masse, etc., seront autant d’armes de fortune pour vous extirper des griffes des monstres qui hantent la ville, sans compter qu’elles peuvent casser à force d’être utilisées. Bien sûr, vous tomberez parfois sur des armes à feu, mais elles seront bien rares, tout comme leurs munitions. Enfin, à l’instar de Comdemned, vous serez parfois obligé de lâcher votre arme de prédilection pour en équiper d’autres capables de vous ouvrir la voie : des crochets pour descendre les échelles, des haches pour découper des planches gênantes, des armes contondantes pour casser les cadenas. Tout ceci est nouveau dans Silent Hill et rajoute un peu de réalisme au jeu en plus de renforcer l’aspect « survival ».

Survival-RPG

C240_downpour06Du côté des commandes, il n’y a pas trop de changements si ce n’est la possibilité de parer et de regarder derrière soi (comme dans Shattered Memories). Ce ne sont pas des ajouts inutiles ou anodins, car vous pouvez choisir de ne pas tuer vos ennemis. La parade vous protègera des coups de vos agresseurs avant de fuir, et le « rétroviseur » vous permettra de vérifier que vous les semez tandis que vous courrez. Mais quel est l’intérêt de ne pas achever vos adversaires, me direz-vous ? Celui d’influer sur le karma du héros pour débloquer toutes les fins par exemple. Regarder derrière vous vous sera aussi très utile durant les quelques phases scriptées du jeu où vous serez poursuivi par une lueur incandescente vous blessant au moindre contact ; une nouveauté sans grand intérêt dont on se serait bien passé il faut bien l’avouer, même si celle-ci ajoute une bonne dose de stress dans le monde altéré. Et puisque nous en sommes à parler des défauts du jeu, moult ralentissements et autres lags/freezes assez violents perturberont vos promenades en ville, notamment lors des accès disques. D’autre part, il est fort regrettable que les monstres ne soient pas plus inspirés que cela. La plupart sont banals et très loin des créatures difformes et suintantes des premiers opus, des infirmières sexy ou des mannequins à quatre jambes. Pyramid Head, le Némésis de James Sunderland, fait ici place au Boogie Man, une sorte de bourreau à la sauce Fallout.

C240_downpour07Que vous décidiez ou non de tuer vos ennemis, il vous faudra vous frayer un chemin dans les rue de Silent Hill. Jusqu’ici, la ville était limitée à quelques rues desservant les lieus-clés des différents jeux. Dans Downpour, la cité est immense et truffée de zones facultatives. La fouiller dans ses moindres recoins vous permettra de débloquer des quêtes annexes (oui, vous avez bien lu !). Elles sont nombreuses, scénarisées, bien mises en scènes, et représentent sans conteste le meilleur ajout de ce titre par rapport aux opus précédents. Venger la mort d’une famille en identifiant et châtiant le spectre de l’assassin, rapporter leurs objets fétiches à des esprits pour qu’ils trouvent la paix ou pénétrer dans un film sont quelques exemples de ce qui vous attendra à Silent Hill. Ces quêtes sont vraiment intéressantes. Mais aurez-vous le courage de les chercher et de les élucider dans cet univers surnaturel, sombre et maléfique ?

Donwpour est plus abouti que l’ont été Homecoming, Origins ou Shattered Memories, sans toutefois atteindre le niveau des trois premiers épisodes. En glanant de bonnes idées d’autres studios, en ajoutant des éléments d’autres genres, les développeurs tchèques de chez Vatra sont parvenus à ressusciter partiellement la licence, à lui insuffler une nouvelle âme. Malgré ses problèmes techniques, le titre devrait donc réconcilier certains fans avec la série, en dépit de l’externalisation du développement en occident. Il dispose aussi du potentiel pour captiver les nouveaux venus et pourquoi pas leur donner envie de découvrir les origines de Silent Hill avec la collection HD dont le test arrive très bientôt. Mais quoi qu’il en soit, Downpour restera avant tout un épisode polémique, c’est certain.

Na'Tali

Après avoir rêvé d’aventure dans les champs de moutarde dijonnais, Na’Tali s’est lancée dans le projet insensé de se financer un voyage intergalactique en compagnie du commandant Shepard et Kaidan Alenko. Depuis, elle a migré sur la capitale afin de gagner suffisamment d’argent pour construire une réplique du Normandy dans son jardin. Pour ce faire, elle se donne en spectacle dans la rue avec son petit chien en enchainant les perfect sur les morceaux expert de Guitar Hero. En parallèle, et parce que cela ne représentait pas assez de challenge, elle a également entamé la fabrication d’une machine à remonter le temps pour retrouver Alistair et ses amis gardes des ombres, ainsi que Geralt de Riv. C’est qu’elle en a de la ressource, la petite ! Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, les jeux musicaux et le travail manuel.

3 commentaires

  • Le jeu nous a carrément surpris tant il change de direction par rapport aux précédents opus, mais tout en restant fidèle. Il faut l’essayer, et ne pas hésiter à venir nous donner ici ton avis ! 🙂 Ceci dit, je continue de largement préférer le 2 et le 3. On ne retrouve pas encore toute la noirceur et l’aspect ultra malsain de l’univers, mais on s’en rapproche. Et la peur est là. 😉

  • le test m’a convaincu de le prendre car j’avais été decu par les episodes precedents

Laisser un commentaire sur cet article :