[TEST] Star Ocean : The Last Hope 4K & Full HD Remaster (PS4, PC)

SO4 n’a pas forcément marqué les esprits en bien lors de sa sortie. Malgré certaines qualités fortes comme une réalisation soignée (pour l’époque) et un système de combat aussi nerveux que solide, le titre n’avait pas fait l’unanimité avec son scénario hyper niais et sa mise en scène en demi-teinte. Retour sur ce jeu qui ressort aujourd’hui sur nos écrans, et en 4K s’il vous plaît grâce à ce remaster.

La terre court un grav… Meracle, arrête d’essayer de manger Sarah !

Le jeune Edge Maverick est membre du Calnus, l’un des quatre vaisseaux de la première mission d’exploration de l’océan d’étoile. Son but : trouver une nouvelle terre d’accueil pour la race humaine, qui a fini par détruire la Terre à coup de missiles nucléaires lors de la troisième guerre mondiale. Malheureusement, le premier voyage se solde par une défaillance technique dans le couloir de vitesse lumière, avec une catastrophe à la clé. De par son statut de héros, Edge s’en sort indemne, et se charge d’aller chercher les survivants échoués sur les planètes alentours. L’intrigue oscille donc entre missions d’exploration et de sauvetage, pour finir par le passage obligatoire de sauvegarde de l’humanité. Bref, les scénaristes ne se foulent pas vraiment, et on évolue en terrain connu.

Pire encore, la recette de Star Ocean 3 est reprise ici à l’identique : on arrive sur une planète inconnue, le groupe de héros se retrouve embarqué dans les problèmes de la population locale qui n’ont rien à voir avec le scénario principal, pour finir une dizaine d’heures plus tard avec une toute petite information de rien du tout. La mise en scène n’aide en rien puisque les cut-scènes demeurent interminables et inintéressantes. Le début de l’aventure en est une parfaite illustration : il faut attendre une bonne demi-heure avant de pouvoir espérer prendre le contrôle du héro et se balader à l’air libre. Les personnages ont également tendance à afficher un caractère niais et caricatural, appuyé par des dialogues insipides. Dommage, car l’introduction en image de synthèse promettait du très bon côté ambiance.

La castagne avant tout

Les habitués le savent, la série est réputée pour sa gestion de la difficulté chaotique. Sur ce point on peut dire que tri-Ace ne s’est pas trop mal débrouillé puisque quatre niveaux de difficulté (dont deux à débloquer) sont proposés au joueur. Le premier tour de l’aventure se fait donc sans trop de tracas, pour peu que l’on soit attentif dans sa cueillette d’équipement, son upgrade de skill et en maintenant un level-up discret. La partie exploration s’avère très agréable, avec une touche d’originalité par-ci par-là grâce aux aptitudes de certains personnages (devenir invisible, creuser les murs pour trouver des objets, voyager à dos de lapins…). Dans l’ensemble, cela s’apparente à l’opus précédent, sans aucune prise de risque.

Trêve de bavardage, passons à l’aspect le plus réussi du soft : le système de combat. Là encore, on reste en terrain connu. Les ennemis sont présents sur la carte et leur contact nous transporte sur une aire de combat fermée. Une joute en temps réel s’engage alors, et l’on donne tout ce que l’on a pour terrasser ses opposants. Point de détail, quatre personnages sont maintenant présents, pour encore plus de déluges d’attaques et d’effets spéciaux. Fini la peur de mourir en perdant tous ses MP ou les temps d’attente entre chaque attaque. Pour rajouter un peu de tactique à ces duels endiablés, tri-Ace a implémenté le système de « blindspot » : quand un ennemi vous cible et qu’il pénètre dans une zone rapprochée, vous pouvez avec le bon timing passer dans son dos et l’attaquer par surprise. Les dégâts s’en trouvent grandement augmentés, et quasiment tous les bonus de fin de combat s’obtiennent via cette technique.

Anodin au premier abord, cette nouveauté introduit une certaine profondeur tactique, puisque l’on pourra se la jouer gros bourrin et risquer de perdre ses bonus d’xp, ou au contraire attendre les ennemis pour se faufiler dans leur dos et les vaincre plus facilement. On se surprend même à essayer différentes techniques, afin ne pas s’en prendre trop dans la figure quand on se retrouve devant les boss ou les ennemis les plus coriaces. Le système de combat reste donc le gros point fort de Star Ocean IV. Dynamique, plaisant à jouer et riche grâce à la tonne de compétences à apprendre, il contraste d’autant plus avec la mollesse de la mise en scène. Comme quoi, l’un ne va pas sans l’autre.

Atmosphère atmosphère…

Le mélange science fiction et médiéval fantastique se trouve parfaitement bien retranscrit par le moteur graphique du jeu, qui nous fait visiter des décors plutôt bien rendus, et surtout d’une superficie fort convenable. Dommage que la diversité ne soit pas au rendez-vous, car au final on ne visitera que quatre planètes, la plupart du temps verdoyantes. La gestion de la lumière en surprendra plus d’un, avec sa tendance à valoriser une surbrillance des éclairages et des reflets de l’eau. Dans l’ensemble, la réalisation se révèle correcte, et si ce remaster n’a pas beaucoup forcé pour proposer un rendu impeccable (l’aliasing et le clipping sont bien présents), il a le mérite de corriger les quelques ralentissements et autres freezes constatés à l’époque de sa sortie, ainsi que d’optimiser les temps de chargement. Par ailleurs, l’ensemble reste toujours très fluide, peu importe les situations.

Bouclée en une cinquantaine d’heures en ligne droite, l’aventure d’Edge Maverick et sa troupe se laisse donc parcourir sans trop de souci. Sans pour autant captiver toute notre attention, l’intrigue sert de prétexte efficace pour nous livrer des combats toujours aussi fun et une exploration riche de découvertes. Les quêtes annexes sont légions, et les battle trophies et autre création d’items suffiront à tenir en haleine les collectionneurs une centaine d’heures de plus. Quand aux chasseurs de trophées / succès qui arriveront aux fatidiques 100%, ils pourront prétendre avoir complété l’un des RPG les plus compliqués de l’histoire dans le domaine !

L'avis de Rhadamante :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Star Ocean : the Last Hope se visitait à sa sortie comme un Star Ocean. Rien ne venait titiller notre sens de l’originalité, ni de l’inconnu. Au contraire le fan conservateur se sentait chez lui. Le néophyte pouvait y découvrir un RPG riche et plaisant dans son système de combat, mais qui souffre du défaut majeur des RPG japonais actuels : une mise en scène lente et peu attrayante. Autrement dit, au lieu de renouveler un genre, le soft le confirmait d’un bout à l’autre. Ce remaster n’apporte rien de plus qu’un lifting graphique avec des textures plus fines et des cinématiques retravaillées (affichage en 4K ou 1080p), ainsi qu’un gros travail pour proposer une fluidité à toute épreuve ce qui est déjà pas mal dans l’absolu. Mais au fond, le titre rencontrera les mêmes critiques qu’à l’époque.

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