[TEST] Steel Battalion Heavy Armor

Steel Battalion, deux mots qui évoquent une expérience vidéoludique exceptionnelle pour moi. Le 20 juin 2003 a marqué à jamais mon esprit comme étant le jour où je devenais propriétaire de Steel Battalion sur la première Xbox. Dans une boite immense aux couleurs militaires –fait rare à l’époque où les Guitar Hero et autres panoplies de rock n’existaient pas encore-, pour la modique somme de 200€, se trouvaient trois pédales et un tableau de bord de 40 boutons pour simuler le pilotage d’un mécha. Je vivais un rêve éveillé ce jour-là en tant que fan inconditionnelle de ces robots de guerre… Pour ces raisons et aussi parce que le jeu était ultra-difficile (imaginez que la sauvegarde était effacée dès que vous ne parveniez pas à vous éjecter du cockpit ou que vous n’aviez plus les crédits nécessaires pour l’achat d’un engin de remplacement), Steel Battalion n’usurpait pas sa classification de jeu pour harcore gamers. Alors quand j’ai appris que Capcom éditait un troisième épisode 8 ans après le second opus, j’ai retrouvé ces petites étincelles dans mes yeux. Mais pas pour longtemps malheureusement…

Pour commencer, l’annonce de l’absence d’une manette dédiée m’a inquiétée. Même si certains boutons faisaient office de gadgets à l’époque (un bouton pour laver la vitre, un autre pour un bras télescopique…), une bonne moitié servait constamment. Modifier l’angle de la caméra pour élaborer la meilleure stratégie possible, demander le ravitaillement de fuel et de munitions par avion, utiliser la pédale pour dasher sur le côté et ainsi éviter un tir fatal, et bien sûr utiliser les deux énormes joysticks pour lancer des missiles ou utiliser la mitrailleuse « méga lourde », comment simuler cela avec une simple manette Xbox ? Pire encore, on a rapidement appris que le jeu serait presque exclusivement jouable via Kinect. Même si cela ajoutait un côté immersif, on n’atteindrait jamais le niveau du tableau de bord original, et surtout le gameplay serait forcément limité. Et ça n’a pas loupé, sauf qu’on ne s’imaginait pas encore à cet instant que le résultat serait proprement injouable.

Les Chinois contre les Etats-Unis, du jamais vu…

L’histoire de Steel Battalion Heavy Armor tient place en 2082. Les Chinois qui se font appeler les Nations Unies (quelle ironie…) ont lancé un virus informatique sur le monde, annihilant toute technologie. Complètement dépassés par ces événements, les pays n’ont pas pu réagir quand les Nations Unies les ont attaqués aux commandes de VT (Vertical Tanks) surarmés alors que les leurs étaient inutilisables, car bourrés de composants électroniques. La guerre est perdue, les armées décimées, mais malgré tout les Etats-Unis d’Amérique, bouffis de patriotisme et égaux à eux-mêmes, n’ont pas perdu espoir et souhaitent reprendre le contrôle.
Vous incarnez le sergent Winfield Scott Powers, un pilote de VT vétéran qui avait rangé les armes avant l’attaque des asiatiques. Parce que votre pays a besoin de vous, vous reprenez fièrement du service. On vous alloue un vieux modèle de VT et 3 bleus qui feront office d’artilleurs et de responsable des transmissions pour aller botter les fesses de l’occupant. C’est ça l’Amérique ! Après un tutorial beaucoup trop rapide sur l’utilisation de Kinect et de la manette, vous voilà envoyé en plein champs de bataille avec toute la frustration possible et imaginable car les commandes ne fonctionnent tout bonnement pas.

Je ferais plus mal avec une vraie boite de conserve.

Premièrement, j’ai juste eu envie de pleurer quand j’ai vu ce qu’était devenue la phase de démarrage du VT. C’était presque le meilleur passage des missions dans SB 1 et 2. Le tableau de bord se mettait à clignoter de toute part et il fallait activer tout un tas de boutons pour donner vie à la machine. C’était le pied ! On avait l’impression l’espace de quelques secondes d’être réellement aux commandes d’un mécha. Ici il n’est plus question que d’activer une vulgaire et insignifiante poignée, et encore, quand Kinect ne nous fait pas attraper celle du dessus. Car il faut bien le dire, la reconnaissance de mouvements laisse vraiment à désirer. Pendant le didactitiel où on vous demande de tirer sur des cibles immobiles et inoffensives, tout va bien, mais sous le feu ennemi ça devient n’importe quoi. La première vraie mission est l’une des plus difficiles d’ailleurs. On vous balance sur une plage à la manière du débarquement des Américains en Normandie, avec des VT ennemis à portée de tir, des ordres flous au possible, et des commandes que vous ne maîtrisez pas encore. Autant dire que vous allez la recommencer une bonne dizaine de fois avant de réussir, en vous retapant à chaque fois les cutscenes et briefings qui ne se passent pas. Quand vous voudrez attraper le panneau de contrôle pour vous rapprocher de la vitre et ainsi pouvoir vous déplacer et viser, le B.A.BA quoi, ou que vous voudrez changer de type de munitions et que cette saloperie de Kinect vous fera fermer ladite vitre 5 fois de suite, vous aurez juste envie de tout péter ! Quand vous voudrez atteindre la poignée pour démarrer le VT et que c’est le ventilo anti-fumée que vous enclencherez, vous aurez envie de trucider les développeurs de cette abomination vidéoludique. Je pense réellement n’avoir jamais été aussi stressée et frustrée en jouant à un jeu de toute ma vie. Mais je vais tenter de garder mon calme et de vous résumer le gameplay.

Si jamais vous êtes complètement masochiste et que vous souhaitez quand même y jouer, sachez que les commandes à l’intérieur du cockpit sont gérées par Kinect uniquement. Discuter avec l’équipage, démarrer, lancer le turbo, consulter la caméra (ce que vous ne ferez jamais car les boutons sont minuscules et impossible à viser), sortir le périscope, changer de type de munitions, évacuer la fumée ou auto-détruire l’engin se fait en gesticulant dans tous les sens. Il est même possible de se lever pour sortir la tête du mécha et simuler l’utilisation de jumelles en rapprochant les mains du visage. C’est fun, mais trop injouable pour être plaisant. Pour que Kinect reconnaisse bien les mouvements il faut agir avec délicatesse, mais c’est tout bonnement impossible dans le feu de l’action. « Heureusement », dès qu’on attrape le panneau de contrôle central (une manip’ qui rate dans ¾ des cas) et que le personnage se colle à la vitre, on passe en mode de déplacement et de visée où la manette est utilisée. Ca répond beaucoup mieux, mais je trouve cela vraiment peu pratique de switcher entre Kinect et la manette, car on ne sait jamais où et comment la poser. Dans ce mode, les sticks permettent alors de se déplacer et les quatre gâchettes d’utiliser les armes primaires et secondaires.

Coopérer pour souffrir à plusieurs

Quand on réussit à passer outre le manque de maniabilité et qu’on a la patience de recommencer les objectifs encore et encore jusqu’à que ça passe, on découvre que le jeu n’a pas que de mauvaises idées. Par exemple, toutes les missions en temps limité sont jouables en coopération. On peut ouvrir ou fermer sa partie aux autres joueurs pour que ceux-ci, amis ou non, viennent nous aider. Il est également possible de récupérer des pièces détachées de VT pour améliorer le nôtre. Camouflage, armes secondaires, meilleur blindage, tout y passe. Heavy Armor possède globalement une bonne rejouabilité puisque toutes les missions une fois débloquées sont accessibles en partie rapide, mais encore faut-il avoir envie de les recommencer… Certaines actions contextuelles via Kinect sont plutôt plaisantes et laissent place à l’immersion. Il n’est pas rare de devoir serrer des mains, faire de bons vieux checks avec les coéquipiers. Il vous faudra aussi simuler que vous rampez sous les balles ennemies pour pouvoir atteindre et enclencher un détonateur, ou que vous égorgez un adversaire par derrière. Ces passages sont excellents et retranscrivent bien l’ambiance épique et sanguinaire de la guerre, mais aussi la fraternité avec vos frères d’armes. De plus, Heavy Armor est globalement beau et réussi techniquement. Dommage que ces bons côtés soient gâchés par des missions (il y en a 32 au total) inégales en termes d’action et de difficulté et une maniabilité décevante.

Pour résumer, Steel Battalion Heavy Armor part d’une bonne intention : mettre au goût du jour une licence qui n’était plus exploitée et lancer le premier jeu du genre réellement dédié à Kinect. Malheureusement la difficulté est trop mal dosée et la reconnaissance des mouvements trop approximative pour que ce soit une réussite. Du coup, le jeu ne se destine ni aux néophytes qui le trouveront trop difficile, ni aux fans de la première heure qui préféreront sortir leur bon vieux tableau de bord pour revivre l’expérience originale. Bref, cela restreint grandement la cible… Un beau gâchis dont je suis la première désolée.

Na'Tali

Après avoir rêvé d’aventure dans les champs de moutarde dijonnais, Na’Tali s’est lancée dans le projet insensé de se financer un voyage intergalactique en compagnie du commandant Shepard et Kaidan Alenko. Depuis, elle a migré sur la capitale afin de gagner suffisamment d’argent pour construire une réplique du Normandy dans son jardin. Pour ce faire, elle se donne en spectacle dans la rue avec son petit chien en enchainant les perfect sur les morceaux expert de Guitar Hero. En parallèle, et parce que cela ne représentait pas assez de challenge, elle a également entamé la fabrication d’une machine à remonter le temps pour retrouver Alistair et ses amis gardes des ombres, ainsi que Geralt de Riv. C’est qu’elle en a de la ressource, la petite ! Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, les jeux musicaux et le travail manuel.

2 commentaires

  • Partie typique de Steel Battalion :
    Tiens je vais jeter un oeil par la vitre, ah non je l’ai fermée… Je l’ouvre, et… je la referme. Merde, c’est pas ça que je voulais faire. Bon on tente encore, hop… Ah non je saisis la poignée d’éjection. Rha. Je repousse la poignée, je veux attraper la vitre. Ah c’est ouvert. On va pouvoir enfin accéder à… NON Putain, je referme cette foutue vitreuuuuh. RHAAAA. JE ROUVRE LA VITRE eeeeeet CA Y EST PUTAIN ! Je suis en mode FPS !!! Woohooo. ET BOUM, je crève parce que pendant tout ce temps je me faisais canarder.
    clic ! [bruit du bouton d’arrêt de la console]
    fuiiiizzzzz ! [Bruit du DVD qui vole par la fenêtre].

  • Je suis un peu aigrie… 🙂

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