[Test] The Evil Within

Prêt pour le grand frisson ? Oubliez tout ce que vous avez vu à Raccoon City et Silent Hill, welcome to Krimson City !

the-evil-within-playstation-4-ps4-1413271482-137Si vous regardez la télévision, vous avez sûrement vu le singulier trailer publicitaire de The Evil Within ! Sorti le 14 octobre dernier, développé par Tango Gameworks et édité par Bethesda Softworks, The Evil Within est le tout dernier survival horror orienté action de Shinji Mikami. En effet, le créateur, connu notamment pour la célèbre série des Resident Evil, a décidé de taper dans la fourmilière des survival horror. Ce genre mené de front par les célèbres séries Resident Evil, Silent Hill, Project Zero, ou encore les titres tels que Amnesia, Condemned et Siren, s’était quelque peu essoufflé ces dernières années. De ce fait, Bethesda lui a commandé un tout nouveau titre digne de ce nom. Shinji Mikami a confié lors de ses interviews avoir fait en sorte d’apporter le plus d’idées nouvelles possible. De plus, il se serait inspiré de films tels que Shutter Island et Inception pour le scénario. Voyons voir si la promesse de l’horreur est tenue.

¿ Acaso, morir es siempre vivir ?

the-evil-within-playstation-4-ps4-1413271482-152The Evil Within vous accueille par un écran titre épuré, sombre, se mouvant dans les couloirs sinistres d’un hôpital psychiatrique. Chaise roulante vide, pieds à perfusion, commodes défoncées, on ne peut s’empêcher de s’imaginer dans la saison 2 d’American Horror Story, Asylum. Sélectionner Nouvelle Partie lancera une séquence d’introduction où l’on découvre le visage du principal protagoniste : l’inspecteur Sebastian Castellanos (Quel est donc ce lien entre horreur et Espagne ?). Il est envoyé sur une scène de crime avec ses deux partenaires au Beacon Mental Hospital. Cadavres, hémoglobines et tripes chantent en cœur. C’est alors qu’il se voit assommé pendant la consultation des caméras de vidéo surveillance. A son réveil, il se retrouve suspendu par les pieds dans un lieu tout aussi chaleureux, une salle de stockage de viande humaine où le boucher du coin découpe des morceaux bien frais. Voici le début de votre course à la survie. En ce qui concerne la durée de vie, l’histoire se découpe en 17 chapitres ; selon votre mode et façon de jouer, comptez entre 15 et 20h de jeu.

Miam du liquide vert !

the-evil-within-playstation-4-ps4-1413271482-183Au niveau du gameplay, la prise en main est hyper accessible. The Evil Within utilise les codes contemporains du jeu vidéo. Le jeu se résume à fuir, se cacher et combattre, des petites énigmes sont aussi de la partie. Si vous faites le jeu en mode Normal, Sebastian mourra en 3 coups. C’est là que réside la difficulté, non dans le gameplay en lui-même. Pas d’esquive au planning, vous pourrez vous défendre avec les armes à feu trouvées au fur et à mesure de votre progression (pistolet, fusil à pompe, arbalète, etc.), ainsi qu’avec des armes blanches et un coup de mêlée pour repousser les ennemis. Les personnes appréciant l’Infiltration seront ravies puisqu’un finish par derrière a été prévu. On avance sournoisement puis hop, un coup de couteau de survie dans l’encéphale, cela économise des munitions. Comme dans Resident Evil, si vous ne brûlez pas les corps avec des allumettes, les ennemis peuvent revenir à la « vie ». On retrouve également les caisses et autres tonneaux à casser afin d’espérer obtenir des munitions qui sont en faible quantité. D’ailleurs, j’ai été quelque peu déçue du fait qu’il n’y ait pas grand-chose à fouiller et explorer. Par contre, une sympathique idée de craft a été introduite. En effet, les niveaux sont parsemés de divers pièges désamorçables. Ce faisant, vous récupérerez des pièces de mécanismes qui permettent de créer des munitions. D’autre part, lors des boss ou des lourds combats, des éléments placés dans la zone seront à votre disposition pour vous défendre. À vous de les utiliser, puis de préparer le terrain avant de lancer l’attaque. Les développeurs ont donc pensé à différentes approches dans le gameplay.

Vous n’avez pas l’air très en forme…

the-evil-within-playstation-4-ps4-1413271482-206Passons à présent au level-design. Durant votre quête de vérité/survie, vous alternerez entre le Beacon Mental Hospital et ce que j’appelle le monde du cauchemar : forêt, sorte d’égout, village incendié, hospice, souterrains, couloirs, etc. La quasi-totalité du jeu se déroule durant la nuit. Votre exploration sera donc au vu des lieux proposés plutôt linéaire. De toute façon, avec le danger permanent et l’ambiance plus qu’oppressante, cela ne donne aucune envie de trainer dans le coin. Pour faire simple, le Beacon Mental Hospital est le lieu où vous pourrez sauvegarder, améliorer vos capacités ainsi que récupérer des objets bonus. Vous passez d’un monde à l’autre grâce à des miroirs brisés que vous trouverez une fois sur chaque map. À vous de bien gérer votre préparation et vos sauvegardes en faisant des aller-retour.

Un bras, deux bras, trois… bras ?

the-evil-within-playstation-4-ps4-1413271482-205En dehors du design vraiment très inspiré des créatures, le bestiaire de The Evil Within n’a pour le coup rien d’extraordinaire en matière d’I.A. et de comportement. Les ennemis ont l’air d’être des genres de zombies assoiffés de chair et de sang. Un bras ou un bout de tête en moins ne changeront pas leur quotidien. Malgré cela, on dénote une pointe d’intelligence dans leurs actions, comme s’ils obéissaient à un plus grand esprit dans le but de vous arrêter. L’intelligence artificielle laisse donc parfois à désirer. Il m’est déjà arrivé, à mon avantage, d’avoir un ennemi coincé par un bug de collision, ou alors incapable de sortir de sa zone. Car ils demeurent cantonnés à des zones et suivent des schémas de déplacement précis. Il est alors facile d’observer leurs mouvements et de les anticiper, en tout cas pour les ennemis de base. Car les boss vont mettre vos nerfs à rude épreuve ! Vous l’aurez compris, de la stratégie, de l’observation et de la patience sont de rigueur afin d’en venir à bout.

Personne ne vous entend.

the-evil-within-playstation-4-ps4-1413271482-184L’ambiance sonore, élément-clé de tout survival horror, est pour le coup particulièrement réussie. The Evil Within vous plonge totalement dans son atmosphère stressante et dérangeante grâce à ses bruitages macabres et autres effets musicaux. D’ailleurs, la musique officielle de The Evil Within n’est autre que Clair de Lune de Claude Debussy. Encore une fois le malaise est de mise, car vous entendrez cette magnifique et douce musique à côté des pires horreurs. La bande originale est composée par Takada Masafumi.

Il nous regarde.

the-evil-within-playstation-4-ps4-1413271482-192La qualité graphique sur l’ensemble des plateformes se révèle en demi-teinte. Pour ce qui est des machines de la génération précédente, les capacités de nos Playstation 3 et Xbox 360 vieillissantes ont été bien utilisées et optimisées. Quant à la PS4 ou la Xbox One, on reste sur un rendu très correct grâce aux textures pas trop mal détaillées, mais on est clairement en deçà des autres titres phares de ces supports (à noter qu’un patch est venu corriger de gros problèmes de framerate lors de la sortie). Les animations du décor sont efficaces. Ce sont davantage les animations des PNJs, de pair avec la caméra, qui pêchent pour le coup. En effet, les PNJs disposent tous de mouvements presque robotiques, ce qui atténue le sentiment d’immersion dans un autre monde. De plus, vous aurez régulièrement la vision obstruée par divers éléments du décor. La caméra assez raide ne sera pas d’une grande aide et deviendra même une gêne de temps en temps. D’autre part, je reprocherai un manque de finition esthétique : brins d’herbe qui passent au travers d’une charrette, bras de Sebastian traversant le mur, etc. Les effets de lumière sont également efficaces mais non peaufinés. Les transitions obscurité/lumière entre deux salles manquent de réalisme.

L'avis de Robert Carcasse :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
The Evil Within respecte complètement sa promesse de survival-horror, c’est-à-dire de nous faire peur. Il était temps. Je n’avais pas ressenti cela depuis Silent Hill ou Siren. En dépit de défauts flagrants, le scénario ainsi que la qualité graphique du titre se montrent suffisamment efficaces pour nous emporter dans sa folie. Le principal point fort du soft reste néanmoins son ambiance à la fois stressante, oppressante, macabre et gore. Vous ne vous sentirez quasiment jamais à l’abri. Les quelques PNJs amis n’effaceront pas ce sentiment de solitude. The Evil Within est une expérience de survie solitaire. Basé sur un principe de Die & Retry, le titre demande de la stratégie, de la patience et du sang froid. Malgré pas mal d'erreurs de jeunesse, cette nouvelle licence possède donc les atouts nécessaires pour plaire aux fans du genre. Le pari est gagné.

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