[TEST] The Last Guardian

Dévoilé initialement en 2009 pour une sortie définitive en décembre 2016, The Last Guardian aura gardé ceux qui l’attendaient sur le qui-vive pendant de longues années, à la merci de rares nouvelles et de multiples reports. Des développements chaotiques, on en voit de temps en temps, mais pour un jeu de ce calibre et avec une telle aura, seule la réputation de la Team ICO et de Fumito Ueda pouvait faire perdurer l’espoir de voir émerger un jeu digne d’ICO et de Shadow of the Colossus.

Dès son ouverture, il émane de The Last Guardian une poésie et une atmosphère difficilement descriptibles, nous plongeant dans un monde onirique empreint de mystère et de magie. Le garçon se réveille aux côtés de la bête nommée Trico, blessée et agressive. Il lui faudra quelques tâtonnements pour comprendre comment la remettre sur pattes et gagner sa confiance, des mécaniques qui resteront valides jusqu’à la fin de l’aventure. Car dans The Last Guardian, le garçon et Trico prennent soin l’un de l’autre et ce n’est que lorsque la confiance s’installe que nos deux protagonistes réussiront à avancer vers leur but sous-jacent : s’enfuir d’une vallée aussi délabrée que dangereuse.

On se prend donc immédiatement en admiration pour Trico, ses réactions, ses mouvements empruntés tantôt à un chat, un chien ou un oiseau, et ses grands yeux plein d’expression. Toute la magie de ce jeu repose sur l’alchimie entre le garçon et la bête, magnifiquement animée, au point de bluffer toute personne qui a grandi avec un animal de compagnie. Mais vu que l’on ne contrôle que le garçon, on doit donc apprendre comment interagir avec Trico, comment lui donner des instructions… et se doter d’une énorme dose de patience car Trico ne répond pas toujours comme on l’espère, voire à faire le contraire. Cela témoigne autant d’une volonté de l’équipe de donner à Trico son propre libre-arbitre que de vrais problèmes d’intelligence artificielle ou de pathfinding, la frontière entre les deux n’étant jamais vraiment évidente dans son cas. Malgré tout, la capacité du jeu de générer des émotions via l’interaction entre les deux personnages semble sans commune mesure à date, et c’est un véritable exploit technique et artistique.

Digne successeur

The Last Guardian se construit comme une aventure mixant exploration, plateforming, puzzles et de rares combats, où l’on doit constamment se creuser les méninges pour trouver son chemin ou contourner un obstacle. Parfois la solution repose sur le garçon, parfois sur Trico et souvent sur l’association des deux. C’est là que le jeu révèle son côté vraiment frustrant : chaque commande que l’on donne à Trico est potentiellement un challenge d’interprétation ou d’exécution, amenant souvent à de nombreuses désillusions tant il est difficilement compréhensible pourquoi une commande ne passe pas : est-ce parce que ce n’est pas la bonne solution, parce que Trico refuse se bouger son tas de plumes ou parce que le joueur utilise la mauvaise combinaison de boutons… jamais expliquée dans le jeu, mais qu’il faut apprendre à la dure.

Malgré tout, on se balade plus ou moins rapidement dans de vieilles ruines majestueuses, où la nature a semble-t-il repris ses droits sur la pierre. Et par majestueuses, j’entends gigantesques. Le garçon semble bien petit face à l’immensité des lieux et seul Trico peut l’aider à atteindre nombre de points haut perchés. Ce sentiment d’impuissance se retrouve également en combat, lorsque le garçon est pourchassé par des armures magiques qui tentent de l’attraper. Il peut certes se débattre, mais tôt ou tard, il ne devra compter quasiment que sur Trico pour se défendre. C’est d’autant plus marqué lorsque Trico n’est pas à proximité ou qu’il est coincé par un obstacle que l’on doit écarter dans une pièce infestée d’armures enchantées.

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S’il ne faut compter qu’une dizaine d’heures pour atteindre la fin de l’aventure et comprendre un peu plus ce monde, ses règles et ses protagonistes, le jeu regorge de détails à admirer et d’objets à trouver pour les plus mordus, et il ne faut pas moins de deux parties pour en faire véritablement le tour. Reste que les contrôles sont – intentionnellement ou non – vraiment délicats et que l’on passe beaucoup de temps à pester contre l’incapacité de communiquer efficacement ses intentions de joueur avec le jeu ; un comble. Mais rien ne vaut la poésie qui émane de chaque environnement et de chaque interaction avec Trico, ainsi que le plaisir d’explorer et de trouver les solutions à chaque puzzle pour la première fois.

Ryosan

Ryo est celui qui a lancé WebOtaku en l’an 2000 avec une telle puissance que cela a provoqué le fameux bug. C’est le sauveur de notre espèce, le défenseur des opprimés, l’instigateur d’un mouvement international visant à défendre les valeurs de la pop-culture otaku. Il en a vu des choses malgré son jeune âge, un peu comme un héros de J-RPG déjà blasé de la vie et considéré comme un vétéran à même pas 30 ans. Du coup, ayant atteint son level 99, on lui a lancé le pari fou d’étendre notre influence jusqu’au Québec. Et il est parti vivre ainsi son DLC canadien, tabernacle. C’est ça la master-classe. Ses spécialités : Tout. Quand on vous le dit : master-classe !

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