[TEST] The Witch and the Hundred Knight Revival Edition

The Witch and the Hundred Knight est né de l’imagination délirante des Studios Nippon Ichi, les créateurs de la désormais incontournable série Disgaea. Une fois n’est pas coutume, pour cette franchise ayant vu le jour en 2013 sur PS3, les développeurs ont décidé de s’éloigner de leur spécialité – à savoir les Tactical-RPG – afin de se lancer dans le Hack’n Slash. Le succès à la sortie fut mitigé, ce qui rend la décision d’effectuer un remake sur PS4 assez surprenante. Les fans ne vont cependant pas bouder leur plaisir car cette mouture baptisée Revival Edition bénéficie d’un affichage en 1080p / 60fps, d’une refonte graphique (en particulier sur les modèles 3D) et d’un nouveau donjon permettant notamment de contrôler la diabolique Metallia.

 Chasse aux sorcières

Le jeu relate la quête de vengeance de Metallica (ou Metallia en occident), la sorcière des marais, qui a été condamnée à passer le restant de ses jours dans son bled paumé et peu ragoutant. Son plus grand souhait est de retrouver sa liberté, et pour ce faire, elle doit flanquer une branlée à la gentille sorcière des bois. Chose uniquement possible par le biais d’une tierce personne qui prendrait les armes à sa place. Elle invoque donc le tout puissant « Hundred Knight », une véritable machine de guerre capable de terrasser même les plus aguerris des… Euh non, il y a un problème « de taille » là. Bon, en fait, la demi-portion super-kawai qui vous sert d’avatar est bien le fameux Hundred Knight… Du côté des méchants, votre rôle est de faire les 4 volontés de Metallia. Autrement dit d’asservir le royaume en dérouillant tous ceux qui se dresseront contre vous, et ils sont nombreux !

1437035131-9766-capture-d-ecranComme à leur habitude, les petits gars de NIS ont su pondre un synopsis aussi drôle que farfelu. Les situations cocasses abondent, les personnages se révèlent mignons et attachants, on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre… Bref, on retrouve la signature des studios. Cependant, cela est aussi valable pour ce qui touche aux dialogues écrits toujours très présents. Autant dire qu’il faut aimer lire. Qui plus est en anglais, car le soft n’a pas été traduit dans la langue de Molière. En outre, on ne vous cache pas que les ficelles comiques employées ici ont déjà été moult fois utilisées, et que les habitués des productions NIS risquent de ressentir une certaine lassitude s’ils ne se montrent pas tolérants. Fort heureusement, lorsqu’il a atteint un certain seuil de développement, votre nain de jardin en armure devient capable de raisonner et débloque la capacité de prendre des décisions. Cela se traduit par des choix multiples qui influent sur le déroulement des conversations, et qui permettent aux plus distraits de se sentir davantage concernés par l’histoire.

Diablo-Rogue-like

Quand on y réfléchit, il n’y a guère que l’atmosphère décalée et son aspect verbeux qui rapprochent le soft des autres titres NIS. Car ici, on a affaire à un Action-RPG type Diablo, autrement dit du Hack’n Slash. Mais vous connaissez tous Nippon Ichi ; ils ne se contentent jamais d’un truc classique. C’est pourquoi ils ont jugé bon d’implémenter tout un tas de concepts plus ou moins ingénieux. Hélas, vous allez le voir, ils ne s’imbriquent pas forcément bien les uns avec les autres… Pourtant, à la base, le système de combat s’avère nerveux et plutôt bien fichu. Votre chevalier se montre très vif, il est capable de réaliser des esquives (qui ralentissent le temps quand elles sont placées au bon moment) et développe des capacités au fur et à mesure de son évolution. Ses pouvoirs « Tochka » lui offrent par exemple l’opportunité de poser des pièges, des bombes, des leurres ou d’utiliser des familiers. Sans oublier sa furie ultime à utiliser avec une extrême modération car elle le vide de son énergie.

the-witch-and-the-hundred-knight-revival-eng-screenshot-10Votre avatar possède en outre la faculté de porter jusqu’à 5 armes à la fois parmi des épées, des lances, des masses, etc. C’est d’ailleurs grâce à ces 5 slots que les affrontements gagnent en intensité et en stratégie. L’efficacité de l’arsenal dépend non seulement de sa nature – certains ennemis demeurant plus sensibles à tel ou tel type d’arme -, mais également du chiffre (entre 1 et 5) qui lui est associé. Numérotés de 1 à 5, les emplacements accueillent tous les styles d’armes, mais si vous parvenez à équiper des items comportant le numéro adéquat, vos combos (attaque 1 > attaque 2 > … > attaque 5) jouiront d’un coefficient multiplicateur pour des dégâts décuplés. A vous de constituer un set varié et cohérent, sachant que le niveau de vos lames est évolutif. Il y a donc de quoi se faire largement plaisir si l’on apprécie la quête du loot ultime de manière générale.

Prudence est mère de sûreté

Le problème dans tout ça, c’est que NIS a souhaité introduire une notion d’urgence à chaque excursion. Concrètement, vous devez absolument finir votre affaire avant que la jauge de GigaCalories ne s’épuise totalement. Étant donné que le temps imparti n’est pas bien long, on est obligé de revenir plusieurs fois dans chaque zone pour en faire le tour et découvrir tous les piliers – des reliques clefs dans l’histoire – qui servent entre autres de check points. Ces piliers permettent aussi d’affecter des points de « grade » gagnés à force de latter du mob, lesquels boostent vos statistiques (HP, Defense, etc.). Comme si cela ne suffisait pas, le studio a calqué le soft sur un modèle Rogue-like. A savoir grossièrement un jeu où l’on ne conserve pas les statistiques récoltées lorsque l’on sort du donjon. Ici, seuls votre « expérience » et les items sont acquis, mais uniquement si l’on effectue une sortie propre. Comprendre par là que si votre jauge GigaCals est vide, vous ne mourez pas, mais vous perdez tout ce que vous avez gagné. Si vous quittez les lieux avant, vous gagnez en revanche le droit de distribuer votre expérience d’une traite dans de maigres améliorations, et de garder votre butin en loot. Les points de grade sont quant à eux perdus. On est donc sans cesse partagé entre l’envie de découvrir / d’amasser davantage pendant que les bonus de grade sont actifs, et la volonté de rentrer au bercail avant de tout perdre en trépassant bêtement.

the-witch-and-the-hundred-knight-revival-eng-screenshot-8Car le jeu n’est pas facile. Pas tellement à cause des boss qui se dressent aisément lorsque l’on a compris leur pattern (une esquive mystique au bon moment et hop, le tour est joué), mais plutôt à cause de tous les ennemis qui pullulent un peu partout, et surtout, qui réapparaissent toujours lorsque que l’on pénètre dans une zone après en être sorti… Du coup, on est vite excédé par le fait de retracer à l’identique son chemin dans le sang. Malheureusement, l’impatience a tendance à attirer l’attention d’un groupe à proximité, qui aura tôt fait d’entrer en frénésie et de ruiner tous les efforts accomplis. Il existe bien un moyen de faire regrimper la jauge de GigaCals en dépensant ses points de grade pour cela, mais il est difficile de faire l’impasse sur un gain de statistique. Le chevalier peut également dévorer les ennemis affaiblis, cependant son estomac se remplit excessivement vite de déchets, ce qui rend ce pouvoir inutilisable. Sans compter que les items de soutien demeurent rares et onéreux. On réfléchit à deux (voire dix) fois avant d’utiliser une potion de digestion…

Revival Edition

Ce qui ont parcouru la version originale PS3 se souviennent probablement du gros souci de lisibilité lié à la perspective adoptée par la caméra. Lorsque le personnage passait sous un élément du décor (un arbre par exemple, ce qui arrivait fréquemment), on ne distinguait plus rien à l’action. De même, les divers effets graphiques qui accompagnent les coups occupaient la moitié de l’image. On prenait ainsi l’habitude de combattre à l’aveuglette, sans pouvoir anticiper quoi que ce soit. Désormais, grâce à la refonte graphique, l’optimisation de l’animation et une meilleure gestion de la caméra, l’affichage est beaucoup plus clair et fluide. Ce n’est pas encore parfait, mais on peut maintenant dire que l’on comprend ce qui se passe la plupart du temps, et même admirer les personnages/panoramas plutôt mignons.

 

the-witch-and-the-hundred-knight-revival-eng-screenshot-2Néanmoins, le problème de répétitivité que l’on avait souligné à l’époque persiste. Les environnements ne se renouvellent pas vraiment en dehors des forêts et des marais (lesquels se contentent simplement d’arborer différentes teintes de couleurs). Ce n’est hélas pas la notion de « Raid » qui viendra estomper cette impression de refaire toujours la même chose. Et pour cause, si l’on s’amuse une fois ou deux à piller les maisons des villageois en leur mettant sur la tronche afin d’étendre l’influence de Metallia, le fun de cette activité disparaît rapidement. Cela dit, pour rajouter un peu de piment et tenter de diversifier le challenge, les studios ont ajouté une nouvelle feature : « La Tour de l’Illusion ». Celle-ci permet de générer de nouveaux donjons dont la difficulté dépend du niveau des armes que l’on donne en offrande lors de la création. La surprise de cet environnement inédit qui offre l’opportunité de farmer de puissants équipements réside dans la possibilité d’invoquer et incarner Metallia en personne. D’autre part, une option de crafting a été implémentée afin de personnaliser ses armes en améliorant leurs statistiques grâce à du matériel provenant de cette tour. Rien de révolutionnaire en somme, mais l’effort est louable.

 

L'avis de X-Fab :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
En définitive, The Witch and the Hundred Knight Revival Edition s'adresse aux mordus de level up, aux Gros-Bills capables de rester scotcher par le seul appât du gain, à ceux que la répétitivité n'agace pas du moment qu'ils ont des statistiques à booster. Si vous appréciez les atmosphères made in Nippon ichi, leurs défis optionnels de malades (qui a dit l'Item World ?!) et les A-RPG rogue-like de manière générale, attendez-vous à passer une centaine d'heures sur ce titre. Les autres, à vous de voir si la seule frimousse super-kawai de Metallia et son mini soldat suffisent à vous faire sauter le pas. Quoi qu'il en soit, ce remake PS4 corrige entre autre pas mal de soucis liés à la réalisation, ce qui rend l'expérience nettement plus appréciable.

X-Fab

X-Fab est ainsi surnommé car il a passé de longues années au département des affaires non classées du FBI, en compagnie de Mulder et Scully… en tant que pièce à conviction. Persuadé d’avoir été enlevé par des ET, et clamant haut et fort qu’ils l’ont torturé en lui passant la musique de Tetris en boucle durant des semaines, il sait qu’il est différent des autres. Il prétend que son contact avec des entités paranormales lui a alloué des pouvoirs surhumains : ses pouces seraient cent fois plus rapides et puissants que ceux du commun des mortels. En quête de pouvoir, il réunit une équipe d’exception sur WebOtaku afin de convertir l’humanité à la cause des loisirs geek. Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, l’action-aventure, la baston, les jeux musicaux, et les cernes sous les yeux.

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