[TEST] Tokyo Mirage Sessions #FE (Wii U)

Shin Megami Tensei et Fire Emblem sont sur un bateau. Fire Emblem tombe à l’eau… C’est un peu l’impression que l’on a quand on découvre ce qu’est devenu le projet de cross over entre ces deux licences mythiques du J-RPG. Mais est-ce pour autant une déception ? C’est ce qu’on va voir avec ce passage en revue des points forts et des lacunes du soft.

Les joies d’un Megaten J-POP Style

13662163_1351160591578176_1377199564723436977_oLe jeu propose un système de combat en béton armé, très joliment chorégraphié et qui, Megaten oblige, passe par les inévitables exploitations des faiblesses de nos ennemis, sans quoi on ne fait pas de vieux os. S’il met un certain temps à démarrer avant de révéler toute la mesure de sa puissance, le résultat final est explosif, avec des combos « Sessions » pouvant monter jusqu’à 25 enchaînements (dans mon cas) et des ennemis que l’on ramasse à la petite cuillère ensuite, tous massacrés au premier round. Mon conseil : utiliser tous les perso jusqu’à ce qu’ils débloquent au moins leur compétence « Open Audition », leur permettant de participer à un combo tout en étant dans l’équipe de soutien. Les combats n’en seront que bien plus faciles et surtout bien plus rapides.

13580628_1351160671578168_8648825276333036239_oLe système d’évolution des personnages est relativement bien pensé. Outre leurs évolutions propres, ce sont les armes de nos artistes qui font toute la différence. Les armes fabriquées et utilisées en combat débloquent des compétences en montant de niveau. Quand une arme a fini d’évoluer, on peut la construire de nouveau en version +1 pour débloquer de nouveau ses compétences liées, qui gagneront également en puissance. Plus on reconstruit une arme, plus on monte nos compétences, et parfois on en débloque de nouvelles. Idéal quand il nous manque des ingrédients nécessaires à la fabrication de nouvelles armes fraîchement ajoutées à notre liste, ou plus simplement pour avoir un plan B quand une arme vient de finir d’évoluer en plein milieu d’un donjon.

13717394_1351160791578156_2840472519384638139_oLes personnages de notre agence de talents, « Fortuna Entertainement », sont globalement tous attachant. Le fait qu’ils soient tous embarqués dans cette galère avec un but professionnel commun (devenir chanteur, top model, acteur) donne du crédit à leur harmonie et bonne entente mutuelle, humour japonais et traits caricaturaux aidant. Leur design est par ailleurs réussi avec comme bémol des tenues plus ou moins heureuses et le fait que certain(e)s ont largement été favorisé(e)s par les développeurs niveau garde-robe. Les « Mirages » venus d’un autre monde qui nous accompagnent jusqu’à la fin ne sont pas en reste avec, en plus, la possibilité de les faire changer de classe, histoire de favoriser certaines compétences.

Les quêtes secondaires, bien que redondantes sur le fond (visiter donjon, tuer ennemi, revenir), font l’objet d’un véritable effort de scénarisation avec de vraies récompenses à la clé. Il sera plus qu’intéressant, pour ne pas dire vital, de faire toutes les quêtes relatives à nos personnages, car développer notre affinité avec eux débloquera non seulement de nouvelles compétences, mais surtout des attaques spéciales en duo qui peuvent avoir plusieurs effets assez puissants. Parfois cela donnera un résultat purement bourrin avec de gros dégâts, parfois on charmera l’ennemi en se soignant au passage, et parfois on combinera une attaque de masse et un soin général. Sachant qu’une attaque duo relance un tour de combo « Sessions », il serait dommage de s’en priver.

On a perdu le soldat Fire Emblem

13735583_1351161718244730_104320612762310633_oPour faire court : techniquement c’est médiocre. Tokyo est minuscule avec ses quelques zones à visiter, et des lieux se résumant trop souvent à une pauvre salle dont on fait le tour en 3 secondes. Les donjons sont très répétitifs même si basés, parfois, sur un concept original qui sera exploité jusqu’à plus soif. Inutile de chercher quoique ce soit de visuellement impressionnant, ça reste surtout fonctionnel et vide, en plus de tirer à fond sur la carte « labyrinthique à souhait ». Comme on y revient très souvent pour diverses raisons, on subit plus le level design qu’on ne l’apprécie.

13710688_1351161508244751_5325987011340089133_oLes combats traînent inutilement en longueur. Impossible de changer ça dans les options, on est obligé de se taper toutes les animations d’un combo « Session ». En résulte des affrontements tournant, à niveau d’ennemis équivalent, dans les 4 ou 5 minutes parfois, ce qui à la longue est franchement lassant. L’option de combat automatique ne concernant que l’attaque de base, elle est à réserver aux ennemis les plus faibles que l’on peut one-shot. On n’est également pas aidé par l’apparition des ennemis en mode semi-aléatoire, qui fait qu’il arrive régulièrement qu’on s’en prenne un sur le pif en pleine course.

13723841_1351160508244851_8030222633387641277_oOn se fait spammer en permanence par des tonnes de dialogues sur la tablette (qui sert d’écran de smartphone en gros). C’est dingue tout ce que les gens ont à raconter pendant ce jeu. Si encore c’était réellement intéressant et pas juste des « youhou on va gagner » ou « j’ai comme un doute sur le prochain combat », la pilule de l’overdose de SMS pourrait passer. Sauf que j’en suis assez vite venu à ne plus lire tous ces messages pour me concentrer uniquement sur ceux concernant les missions.

13735174_1351162178244684_5006870349362038417_oLa partie J-POP se montre trop conventionnelle côté musiques du jeu. Pour faire un comparatif avec les Ar Tonelico qui bénéficient d’une bande son hors norme, et sans être fan pour deux sous de la JPOP sans pour autant y être réfractaire, le résultat ici reste assez basique et très « radio ». Résultat : ayant pour habitude de jouer surtout la nuit avec un casque audio, j’ai exceptionnellement laisser le son sorti des haut-parleurs de mon ampli, à un niveau sonore très faible pour ne pas m’infliger les musiques qui tournent en boucle, assez insupportables pour moi. Mais il y a une autre raison à ce choix, expliqué ci-dessous.

13698273_1351162091578026_4828008004627184022_oLa bande son pénible du fait des voix japonaises imposées et de certains bruitages d’ennemis très énervant. Alors oui, certains raffolent des voix japonaises dans les jeux et râlent quand elles sont absentes. Je n’ai rien contre, tant qu’on a le choix de pouvoir changer avec une autre langue compréhensible pour la majorité des occidentaux, mais ça n’est pas le cas ici. De plus, comme les dialogues pendant les combats ne sont pas sous-titrés, je n’ai aucune idée de ce qu’ils ont pu raconter d’intéressant, ou pas, pendant tous mes échanges de baffes, au-delà du fait qu’ils s’appellent entre eux parfois, les prénoms étant facilement reconnaissable dans le flot de « YATANEEEEE ».

L'avis de Dark Inquisitor :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Finalement loin de l’intention initiale qui était de faire un vrai un cross over Shin Megami Tensei X Fire Emblem, avec au final très peu de Fire Emblem, Tokyo Mirage Sessions #FE reste un J-RPG solide et original, pour peu qu’on ne soit pas réfractaire au monde de la J-POP, abordé ici sous un angle assez caricatural et convenu. Le point fort du jeu réside dans son système de combat et l’évolution permanente de nos jeunes talents, même si hélas les développeurs ont gonflé au maximum la durée de vie par des combats tirant inutilement en longueur en plus d’être nombreux. Dommage que l’exploration reste un élément totalement absent des Megaten, avec un Tokyo qui ne restera clairement pas dans les mémoires.

Overview :

Temps de jeu : 64h
Mode de difficulté : normal
Equipe finale : trio principal en level 62/61/61 et quator secondaire de support en level 55/55/55/55
New Game + : non merci

Dark Inquisitor

Dark Inquisitor est le représentant sur Terre de l’Ordo Malleus et du Serial Gaming. Renvoyé dans le temps par l’Empereur de l’Humanité, il s’assure que les joueurs appliquent la Règle de la Priorisation. Cette règle qui soumet les jeux à une sélection draconienne afin de ne jouer qu’à ceux correspondant à chaque profil de joueur en fonction du temps disponible. Ses pouvoirs d’inquisiteur lui permettent toutefois de profiter de failles temporelles pour jouer plusieurs heures sans que le temps ne s’écoule et donc de finir des jeux alors même qu’on ne l'a pas vu toucher une manette pendant plusieurs jours. Ses spécialités : les RPG, les survival-horror, l’action-aventure, quelques ovnis du jeu vidéo et les motos custom.

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