[Test] Uncharted 4 : A Thief’s End

Il était une fois un petit groupe de chiens enragés qui en avait marre de bosser sur des jeux de plates-formes avec un Bandicoot en vedette. Ils rêvaient d’aventures plus musclées, et la puissance de la toute jeune PlayStation 3 permettait des choses jusque là impossibles sur consoles. Les dingos de chez Naughty Dog décidèrent alors de s’attaquer à une toute nouvelle franchise dans un style complètement différent de ce qu’ils ont fait jusque là, avec comme inspiration la saga Tomb Raider mais en bien plus spectaculaire. Nathan Drake et Uncharted sont nés par un beau matin de novembre 2007 après trois années de dur labeur. Le travail des Dogs fut rapidement récompensé par les nombreuses louanges de la presse, ainsi qu’un nombre hallucinant de ventes pour une nouvelle licence. Suite à ce succès, le jeu à connu deux suites sur PlayStation 3 et un épisode sur Vita, ce qui fait que notre ami Nathan à bien vécu et mérite donc une retraite sous les palmiers. Mais ça ne se fera pas avant une toute dernière aventure, Uncharted 4: A Thief’s End. Mister Drake part-il honorablement ou est-ce le chapitre de trop ?

The Final Countdown

Uncharted 4_01L’histoire d’Uncharted 4 se déroule quelques années après le troisième épisode alors que Nathan coule des jours heureux avec Elena. Le couple mène une petite vie pépère, mais cette quiétude ne sera que de courte durée car un fantôme du passé va venir tout bouleverser. Et ce revenant c’est Sam, le frère décédé de Nathan. Enfin, que l’on croyait mort, mais qui au final était retenu captif en prison suite à une aventure des deux frangins. Sam a réussi à s’évader, mais il doit malheureusement une énorme somme d’argent à un homme de pouvoir. Le seul moyen de régler ses comptes c’est de trouver le mythique trésor du légendaire pirate Henry Avery. Et bien sûr son petit frère, célèbre chasseur d’artefacts, va être là pour l’aider. Voilà donc notre héros reparti à l’aventure autour du globe prêt à relever les défis les plus fous pour aider son grand frère. Mais Avery ne laissera pas son magot à n’importe qui ; il faudra avant tout découvrir la véritable histoire de ce grand pirate du passé, mais aussi faire toute la lumière sur les mystères du présent.

Un arrière-goût de déception

Uncharted™ 4: A Thief’s End_20160507150751Le déroulé d’Uncharted 4 ne change pas d’un iota par rapport aux anciens titres. On découvre une nouvelle zone somptueuse, on la fouille, on trouve une énigme, puis on embraye sur une grosse séquence de gun fight et une course poursuite en détruisant tout. Ce n’est pas toujours dans le même ordre, mais la recette  n’évolue quasiment pas. Par contre, OK, la baffe est là : c’est fun, fluide, ça pète de partout… Bref, c’est hyper bien maîtrisé, rien à dire de ce côté (mis-à-part les séquences de tir sur lesquelles on reviendra). Encore heureux dans un sens vu qu’il n’y a  presque aucune prise de risque pour apporter du sang neuf au sein de mécaniques construites il y a une dizaine d’années. Il y a toutefois des petites touches de nouveautés ça et là, comme le grappin qui apporte de superbes effets de caméra aux escalades de notre roi de la grimpette, mais telle la Batmobile dans Arkham Knight, on sent que les développeurs voulaient tellement mettre cette feature en avant qu’ils nous l’ont foutu partout.

Uncharted 4_11Ce grappin est d’ailleurs à l’origine d’un des griefs qui m’a particulièrement dérangé en terme de cohérence. Lorsqu’un personnage secondaire doit aider Nathan à grimper 3 mètres après s’être fait la courte échelle pour atteindre un point surélevé (par exemple), on se dit logiquement qu’ils vont utiliser la corde du grappin qu’ils ont à leur ceinture pour hisser le pauvre bougre en contrebas – corde qui doit bien faire dix mètres au bas mot.  Bah non, on a droit au sempiternel refrain « Désolé je ne peux pas t’aider, il faut que tu trouves un autre moyen de monter ». « Et ta corde, elle te sert à quoi, pauvre nouille ? ».  Bref, vas-y qu’on doit faire un énorme détour… Il s’agit certes d’un détail, mais pour un jeu de cette qualité, c’est inconcevable, surtout que ces situations interviennent fréquemment.

Uncharted™ 4: A Thief’s End_20160507175527Autre nouveauté de ce grand final, Uncharted 4 passe en mode open world… En tout cas, c’était ce qu’on nous avait dit et rabâché. Sur une grosse dizaine des sections du jeu, nous en avons bien une en « monde ouvert », mais cela n’apporte quasiment rien et dissimule une progression en ligne droite que l’on distingue clairement dans le reste du jeu. A aucun moment on a l’impression d’être égaré dans l’immensité des décors. Pourtant le jeu présente des zones énormes qui fourmillent de détails et laissent entrevoir une distance d’affichage plus que conséquente. On éprouve donc l’envie de tout visiter, mais au final non, ça reste simplement une superbe peinture à admirer. Mais cette linéarité est-elle réellement une mauvaise chose ? Pour ce type de jeu pas vraiment, surtout quand on a le talent de Naughty Dog pour créer des niveaux plus fous les uns que les autres. Non, le souci vient du fait qu’on nous avait promis un jeu bien plus ouvert aux multiples possibilités, et nous ne l’avons pas. C’est vraiment dommage, car une telle facette aurait vraiment pu apporter la bouffée d’air frais qui aurait fait de cet Uncharted 4 un final encore plus grandiose.

Lunette de soleil obligatoire ! C’est éblouissant !

Uncharted™ 4: A Thief’s End_20160507152724Cela dit, côté graphismes purs, ça envoie du lourd. On en prend plein les yeux. On s’arrête souvent quelques instants juste pour contempler un splendide panorama (quand le jeu nous en laisse le temps, car dès qu’on s’arrête quelques secondes il doit penser qu’on est perdu et nous donne rapidement un indice sur la marche à suivre). Cette maîtrise parfaite du moteur graphique et de la console donne naissance à l’un des plus beaux, si ce n’est le plus beau jeu de la PlayStation 4. Uncharted 4 offre tellement de décors riches et variés que l’on ne peut pas dire s’il existe un secteur moins travaillé qu’un autre. Tous les paysages sont bossés dans le moindre détail, et paraissent vivants. Nous n’avons pas cet aspect froid et mort qu’on retrouve dans Quantum Break par exemple. Uncharted 4 est une bombe visuelle qui n’est jamais prise à défaut.

Uncharted™ 4: A Thief’s End_20160507140900Pour la musique, ce n’est plus Greg Edmonson, mais Henry Jackman qui est aux commandes, et le monsieur peut-être fier de son travail, même très fier. Il nous livre une superbe bande originale qui colle parfaitement à chaque moment de l’action, mais que l’on prend aussi énormément de plaisir à écouter en dehors du jeu. J’écoute justement cette BO en boucle en écrivant ce test, et elle va rapidement rejoindre mon lecteur MP3, chose rare pour une OST de jeu. Le mec a déjà un gros CV niveau soundtrack au cinéma depuis 2009, mais Uncharted 4 est son tout premier travail pour un jeu vidéo. J’espère que ce ne sera pas un simple one shot et qu’il va continuer à travailler dans ce milieu.

Michael Bay, sors de ce corps

Uncharted 4_10La série des Uncharted nous a toujours délivré une bonne dose de scènes explosives, mais cet épisode final met la barre encore plus haut. Peut-être même trop haut, tant et si bien que j’ai souvent décroché du jeu car il en fait trop. Des éboulements, destructions de bâtiments, courses-poursuites, combats, tout est puissance mille au point de donner l’impression de faire de la surenchère rien que pour la surenchère, sans que cela procure une réelle valeur ajoutée au jeu et son histoire. Sur cet aspect, on se croirait dans un film de Michael Bay, et je ne parle pas de ses bons films des années 90. Non à force, le jeu en devient risible, ne surprend plus et donc zappe ce sentiment de tension que certaines scènes auraient pourtant mérité de véhiculer pour devenir totalement marquantes.

Uncharted™ 4: A Thief’s End_20160507154617D’autant que ce ne sont pas les énormes séquences de shoot qui vont relever le niveau, vu que l’intelligence artificielle est également restée coincée une dizaine d’années en arrière. On va tuer un ennemi, mettre toute la population en alerte au point de se faire canarder de partout, et 30 secondes plus tard, tout ce beau monde va faire une pause picnic car on s’est planqué dans 50 cm d’herbe juste devant eux, mais genre à même pas 1 mètre des fois. Ça fait mal pour un jeu de ce calibre. Quant au rythme, celui d’Uncharted 4 s’avère bien trop en dent de scie pour mettre tout le monde d’accord. Malgré une mise en scène de qualité ainsi qu’un grand nombre de scènes spectaculaires et/ou d’une émotion incroyable, l’ensemble est plombé par un début assez mou durant les premiers chapitres, et une action pas assez bien dosée pour maintenir la pression de A à Z. Ce final ne dépasse donc pas le génial Uncharted 2 : Among Thieves qui reste un modèle dans sa gestion du rythme pour un titre de ce style.

Mais alors c’est un pétard mouillé ?

Uncharted™ 4: A Thief’s End_20160507133524Après tellement de critiques, vous pourriez penser que le titre n’est pas la bombe attendue, voire un soft moyen. Nous savons que vous avez probablement déjà lu des dizaines de tests en mode lèche popotin parus une semaine avant la date de sortie. Donc à quoi cela servirait-il que je passe plusieurs paragraphes à vous expliquer que l’histoire est géniale, digne d’un grand film d’aventure, que le jeu d’acteurs, la modélisation et le doublage se montrent quasiment parfaits, ou que le soft est un modèle niveau prise en main ? Non, ces quelques mots suffisent amplement pour ne pas vous obliger à relire maintes fois le même test. Je l’ai quand même bien souligné : techniquement, Uncharted 4 est quasiment parfait. La mâchoire est régulièrement décrochée et les yeux brillent à fond.

L'avis de Mr Nox :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Loin de moi l'envie de jeter la pierre aux confrères, je trouve cependant que la plupart des chroniques parues font l'impasse sur les défauts d'Uncharted 4 pour ne garder que le coté spectaculaire. Même si, en définitive, ses lacunes ne font pas du dernier-né de Naughty Dog un jeu moyen, au contraire. Ça reste une méga bombe et sûrement le meilleur titre de la PS4 à bien des égards, mais ses insuffisances font que cette conclusion me paraît moins percutante. On attendait de cette équipe une fin en apothéose niveau histoire – et nous l'avons - mais on voulait également des prises de risque niveau système de jeu. Sur ce point, on se retrouve avec des ficelles usées jusqu'à plus soif, une intelligence artificielle souvent prise à défaut, et surtout, beaucoup de surenchère inutile pour une œuvre dotée d'une réalisation, d'une histoire, de personnages et de décors de cet acabit. Métaphore culinaire de rigueur : il y a beaucoup trop de confiture sur ma tartine, et même si c'est de la bonne confiture, ça en devient indigeste. Maintenant, la majorité des joueurs ne retiendront de ce grand final qu'une véritable claque visuelle et sonore, et on ne leur en voudra pas tant elle a tendance à décrocher la tête !

Angels

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Est-ce un avion ? Un oiseau ? Non c'est Angels habillé de sa superbe camisole. Son super pouvoir ? Il peut avaler des tonnes de RPG, Survival Horror, Manga, Anime et films assis sur son fauteuil sans jamais souffrir de troubles hémorroïdaires. Quoi comment ça c'est pourri comme pouvoir ? Il sait aussi casser des noix entre ses fesses, c'est déjà mieux ? Par contre, attention, il se murmure dans des cercles très fermés qu'il prend son pied à torturer des grands-mères à grand renfort de vannes merdiques, et qu'il a un faible pour les Petits Poneys. Oui, il est dangereux. TRES dangereux.
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