[TEST] Until Dawn

On ne peut pas dire que Sony ait largement communiqué sur Until Dawn. Le jeu a déboulé au final sans trop crier gare, au point de nous faire oublier à quel point son développement fut chaotique. Il faut dire que de mon côté, je l’attends depuis la première annonce en 2012, à l’heure où il était pensé pour se jouer au PS Move. Depuis, sa conception a connu des hauts et des bas, et les quelques silences radio n’ont pas aidé à garder la foi. C’est donc avec une grande réserve que j’ai attaqué l’aventure, mais aujourd’hui je ne regrette pas l’attente !

La cabane au fond du jard… Pardon, dans les bois

until-dawn_5Cet intertitre n’est pas anodin. L’histoire du jeu n’est pas sans rappeler le film de Drew Goddard sorti en 2012. Until Dawn narre le destin de 8 jeunes gens (4 mecs et 4 nanas pour la parité) qui décident de se réunir dans le chalet où deux de leurs amis ont trouvé la mort un an plus tôt. Une idée surprenante (pour ne pas dire malsaine) s’il en est, sachant que l’affaire n’est toujours pas élucidée… D’ailleurs, le danger ne tarde pas à faire son apparition sous la forme d’une créature sanguinaire et de personnes très louches rôdant autour de la cabane. Pendant que l’on suit les péripéties de chaque personnage à tour de rôle, il nous revient la lourde charge de leur éviter le pire au fur et à mesure des choix que l’on fait ou des actions que l’on accomplit. Les influences cinématographiques sont nombreuses, et on peut entre autres déceler des relents de Saw, Scream ou encore The Descent pour ne citer qu’eux.

until-dawn_3Until Dawn propose un récit signé Larry Fessenden et Graham Reznick comparable à la plupart des films d’horreur mettant en scène des adolescents ou jeunes adultes en proie à un tueur psychopathe, le tout dans un espace confiné. Tous les codes sont réunis : bande de potes américains (avec les clichés qui vont de pair), un chalet dans les montagnes bien isolé comme il faut, une pointe de surnaturel, un soupçon de thriller psychologique, de l’humour (débile), des gonzesses bien roulées, et forcément, des allusions coquines voire plus. On a là un véritable slasher movie interactif, et pas dégueu qui plus est. Si le début est un poil long à se mettre en place, le soft parvient très rapidement à nous immerger dans l’ambiance et à nous happer, à tel point qu’il est difficile de décrocher. Plongé dans le noir, le son à fond, le jeu se montre encore plus efficace qu’un bon film du genre. Et ce, jusqu’à la conclusion.

C’est mon dernier mot Jean-Pierre

until-dawn_4En bon film interactif qu’il est, Until Dawn se joue concrètement à la manière de Heavy Rain ou plus récemment Beyond : Two Souls des studios Quantic Dreams. Outre les déplacements traditionnels à la manette et l’interaction avec l’environnement à l’aide des touches X et R2 (pas de PS Move ici contrairement à ce qui a pu être annoncé précédemment, mais il est possible d’opter pour des contrôles basés sur la détection des mouvements de la Dual Shock 4), le gros de « l’action » consiste à formuler des choix et réussir des QTE qui ont un impact direct sur la suite des événements. C’est notamment sur cet aspect que le jeu insiste dès le début, en vous expliquant le concept d’effet papillon. A savoir qu’un simple battement d’aile de papillon peut participer plus tard à l’émergence d’un ouragan à l’autre bout du globe. Autrement dit, toute action peut avoir de lourdes répercutions sur le destin futur des protagonistes. Vous ne tarderez pas à constater que c’est réellement le cas.

until-dawn_2Bon, exposé comme ça, c’est classe et tout. Mais en réalité, on sait tous comment ça marche en terme de gameplay ; il suffit de connaître les embranchements charnières (une fois l’aventure terminée) pour influer sur la suite et arriver à nos fins. Le jeu indique d’ailleurs dans un menu assez bien fichu les différents « effets papillons » afin de nous souffler ces fameux moments clefs. Néanmoins, on a beau savoir que ce système a ses limites, la mise en scène s’avère très efficace, et les différentes scènes s’emboîtent parfaitement pour installer un rythme prenant tout au long de l’histoire. Bref, la sauce prend à merveille. Hélas, le revers de la médaille que se partagent tous les softs du genre réside bien entendu dans une rejouabilité hyper limitée. Une fois que l’on a épuisé les solutions possibles (grosso-modo buté ou sauvé tous les héros…), il ne reste plus grand chose à se mettre sous la dent. C’est le prix à payer pour disposer d’un récit hyper addictif en one-shot durant une bonne dizaine d’heures.

Plus vrai que nature

until-dawn_1Ce qui m’a le plus marqué en lançant la galette, ce sont les visages sacrément bien modélisés. On reconnaît parfaitement le casting des acteurs employés pour l’occasion (Hayden Panettiere en tête), et leurs expressions / mimiques demeurent criantes de réalisme. J’ai passé plusieurs minutes à admirer les gros plans de leur figure dans le menu où l’on peut les faire pivoter grâce au stick droit. Saisissant. On peut étendre ces éloges à l’ensemble de la réalisation qui fait preuve d’une finesse et d’un soin notables. Les studios Supermassive Games ont fait un super boulot car la technique reste un point crucial pour ce type de softs qui doivent véhiculer une atmosphère aussi crédible que possible. Autre bienfait non négligeable : une gestion de la caméra, ainsi que des plans et des prises de vue  typiques du genre cinématographique qui renforcent l’immersion du joueur. Mention spéciale à la B.O. également très efficace ! Seul petit bémol notoire (mis à part quelques imperfections mineures dans certaines animations un poil rigides), la synchronisation labiale ne colle pas du tout avec la V.F. Du coup, je vous conseille de basculer immédiatement sur la V.O.S.T. dès le départ si vous n’êtes pas trop allergique aux voix anglaises, sinon vous risquez de tiquer sur les dialogues constamment décalés. Pas top pour l’immersion.

L'avis de X-Fab :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Until Dawn fait partie de ces pépites incontournables si l'on adhère aux softs tels que Heavy Rain ou Beyond : Two Souls. En s'inspirant de l'univers des teen/slasher horror movies, les studios Supermassive Games exploitent avec brio une facette du cinéma dont beaucoup d'entre nous sommes friands à plus ou moins grande échelle. Doté d'une réalisation saisissante, d'une mise en scène efficace et d'un scénario accrocheur, le titre a tout pour plaire aux amateurs de « films interactifs ». Si en revanche vous êtes allergique à ce type d'expériences vidéoludiques très dirigistes uniquement axées sur les choix et les QTE – mais aussi et surtout à la replay value limitée -, inutile de tenter le coup. Sauf peut-être à petit prix, pour profiter de la démo technique.

X-Fab

X-Fab est ainsi surnommé car il a passé de longues années au département des affaires non classées du FBI, en compagnie de Mulder et Scully… en tant que pièce à conviction. Persuadé d’avoir été enlevé par des ET, et clamant haut et fort qu’ils l’ont torturé en lui passant la musique de Tetris en boucle durant des semaines, il sait qu’il est différent des autres. Il prétend que son contact avec des entités paranormales lui a alloué des pouvoirs surhumains : ses pouces seraient cent fois plus rapides et puissants que ceux du commun des mortels. En quête de pouvoir, il réunit une équipe d’exception sur WebOtaku afin de convertir l’humanité à la cause des loisirs geek. Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, l’action-aventure, la baston, les jeux musicaux, et les cernes sous les yeux.

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