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Etat des lieux
Le Japon subit chaque année 20% des séismes les plus
violents. C’est peu dire si le sol y tremble presque tous les jours. Cela ne signifie pas pour autant qu’à chaque secousse l’on se trouve saisi d’angoisse. La plupart des secousses ne sont en effet pas perceptibles. L’échelle sismologique japonaise ne prend d’ailleurs en compte que ce seul critère de la perception humaine contrairement à l’échelle de Richter utilisée en Europe ou au Etats-Unis (pour en savoir plus, visitez le site de l’Agence Nationale de Météorologie du Japon). Par ailleurs un séisme effrayant au 10ème étage d’une construction des années 60 ne sera pas ressenti par celui qui marche dans la rue ou travaille dans une tour high-tech de Roppongi (au plus celui-ci ressentira-t-il dans sa tour la vague impression d’être sur le pont d’un bateau par mer calme - en moins agréable évidemment).
Il n’en reste pas moins que le danger d’un séisme majeur est réel, notamment dans la région de Tokyo où l’on attend le Big One (Magnitude 8 sur l’échelle de Richter) à tout moment. Les Japonais gardent également à l’esprit le grand tremblement de terre du Kanto qui avait fait 100 000 morts en 1926 (M7,9), à une époque toutefois où la majeure partie des constructions étaient en bois, et celui de Kobe, plus récent (M7,3), auquel personne ne s’attendait, cette région n’ayant jamais été classée comme une zone à risque.
Kobe marque un tournant dans la lutte contre les risques liés aux tremblements de terre. Les autorités et notamment la sécurité civile, en ont retiré de nombreux enseignements pour améliorer leurs dispositifs de prévention et de protection. Si les Japonais semblent stoïques, voire indifférents lorsque se produisent des secousses, ils n’en demeurent pas moins très inquiets et particulièrement sensibles aux opérations de prévention organisées chaque année par les autorités.
Le dispositif de prévention japonais
Les autorités, dans tout le pays, organisent plusieurs fois par an de nombreuses opérations de sensibilisation et exercices pratiques permettant à la population d’acquérir les bons réflexes au cas où ils devraient faire face à un tremblement de terre violent. Les pompiers organisent régulièrement des opérations en plein air dans chaque quartier, dans les écoles, les lycées. Il est également possible de se rendre dans les nombreux centres de prévention municipaux.
Des plans hors sec ont également été établis au cas où le pire surviendrait : centres de refuge (des écoles en général aménagé pour recevoir les habitants dont le logement aurait été détruit ou menacerait de s’effondrer), aire d’évacuation (en cas d’incendie de grande ampleur ne permettant pas de se maintenir dans son habitation), hôpitaux mobiles, réserves d’eau et de nourriture…
La compagnie nationale de téléphone NTT a elle-même mis en place une messagerie d’urgence – le 171 (en japonais uniquement) – permettant, au cas où le réseau téléphonique serait saturé ou partiellement détruit, de laisser des messages à sa famille ou d’en prendre des nouvelles en utilisant comme code d’accès son numéro de téléphone fixe. Les cabines publiques seront les premières lignes rétablies après un séisme (ayez toujours avec vous une réserve de pièces de 10 et 100 ¥). Un mode d’emploi en anglais est disponible sur le site de NTT (pour une version en français consultez mon site).
L’information pour les étrangers
Dans les grandes villes, une information est généralement disponible en anglais, parfois même en chinois et en coréen. Les sites Internet en anglais sont relativement nombreux mais pas toujours très complets (liste en bas de page). Après un séisme, il est également possible d’obtenir une information à la radio et à la télévision en plusieurs langues (pour plus d’informations, consultez mon site).
Le dispositif de sécurité de la communauté française
Les autorités françaises ont mis en place un dispositif particulier pour venir en aide à la communauté française vivant au Japon. Ce dispositif ne se substitue cependant pas au dispositif japonais. Il ne fait que le compléter afin d’assurer au mieux la protection des ressortissants français. Ainsi ont-elles établi ce qu’elles appellent un réseau d’îlotage. Partout dans le Japon, des volontaires ont été chargés d’assurer le lien entre les Français et l’Ambassade de France, avant, pendant et après un séisme. Les îlotiers sont chargés dans la mesure du possible d’assurer des missions de prévention auprès de la communauté. Si un tremblement de terre important devait survenir, ils serviraient alors de relais à l’ambassade. Certains îlotiers disposent d’ailleurs de téléphone satellitaire. Il dispose pour ce faire la liste de tous les habitants de leur îlot. Tous les habitants enregistrés auprès du Consulat s’entend. D’où l’importance pour tout Français résidant au Japon de s’inscrire au Consulat le plus proche (Tokyo, Osaka). Si vous êtes de passage simplement il n’en demeure pas moins utile de signaler votre présence sur le sol japonais, au moins si vous êtes là pour quelques semaines, en séjour linguistique par exemple ou en stage. Personne ne fera la démarche pour vous.
Comment se préparer au risque d’un « tremblement de terre » ?
Gardez toujours avec vous un sifflet et une lampe de poche. Dans le noir ou bloqué dans un ascenseur, ceux–ci seront très utiles.
Conservez dans votre portefeuille une carte en japonais précisant votre identité, votre adresse, les personnes à contacter, votre groupe sanguin…
A la maison, conservez un sac de survie (nourriture et eau pour 3 jours, kit de premiers secours, vêtements…) pour le cas où vous seriez amené à évacuer à la demande des autorités ou votre immeuble menaçant de s’effondrer.
Entraînez vous : si vous êtes de passage à Tokyo ou y résidez, n’hésitez pas à visiter le centre de Ikebukuro, c’est gratuit (sur réservation) : vous pourrez y expérimenter une simulation de tremblement de terre, apprendre à utiliser un extincteur, vous déplacer dans une maison enfumée et visionner une vidéo digne d’une série Z mais particulièrement instructive sur les choses à faire ou ne pas faire en cas de tremblement de terre.
Conseils à suivre pour limiter les risques en cas de séisme :
Lorsque vous ressentez des secousses, la première chose à faire est de se glisser immédiatement sous une table ou un bureau. Cela ne vous protégera pas des tonnes de béton au-dessus de votre tête mais des meubles et des objets de la pièce où vous vous trouvez.
Dès que possible, en général après la fin des secousses (les plus violentes durent rarement plus d’une minute – sans doute très longue sur le moment), éteignez toutes les sources potentielles d’incendie : chauffage, gaz… L’incendie est de très loin le risque le plus grand en cas de tremblement de terre.
Ouvrez également dès que possible toutes les portes et fenêtres de votre logement afin d’empêcher que celles-ci restent bloquées avec vous à l’intérieur.
Ne vous précipitez jamais dehors. Le risque d’être blessé par les objets tombant des toits et des façades est infiniment plus important que celui de se retrouver écrasé sous le toit de sa maison.
Dans la rue, éloignez-vous autant que possible des façades d’immeubles, des murets, des lignes électriques. Si vous ne pouvez rejoindre rapidement un terrain dégagé (jardin, parking), n’hésitez pas à vous réfugier à l’intérieur d’un bâtiment.
N’écoutez pas la rumeur, prenez votre information auprès des autorités ou dans les médias.
Sites consacrés à la prévention :
Pour en savoir plus sur les moyens de se préparer aux risques liés aux tremblements de terre et pour savoir comment réagir : visitez mon site : www.tokyoprevention.com. Vous y trouverez une information complète en français, des conseils pratiques et de nombreux documents à télécharger librement.
Autres sites
Consulat de France au Japon (français)
Agence Nationale de Météorologie du Japon (anglais)
Mairie de Shinjuku (anglais)
Centre de prévention de Ikebukuro (japonais)
Police métropolitaine de Tokyo (anglais)
NTT (anglais)
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